
Une réunion conjointe entre le gouvernement du Burundi et la coordination des agences du Système des Nations unies au Burundi, ainsi que les partenaires du Burundi en matière de la situation humanitaire s’est tenue le jeudi 8 octobre 2026 à Bujumbura. Quatre thématiques étaient au centre des échanges à savoir les préparations face à la maladie à virus Ebola et au phénomène El Nino ainsi que la situation des refugiés et des rapatriés au Burundi.
« Nous nous réunissons pour échanger sur la situation humanitaire actuelle, apprécier les réponses qui sont en cours, identifier les défis et les insuffisances, convenir des priorités de renforcement et surtout mobiliser les ressources nécessaires pour permettre une préparation et une réponse efficaces », a déclaré Léonidas Ndaruzaniye, ministre de l’Intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique, dans son discours d’ouverture.
Du côté du gouvernement burundais, la rencontre a notamment réuni, outre le ministre en charge de la sécurité publique, le ministre de la Santé publique, Fidèle Nkezabahizi, ainsi que le secrétaire permanent du ministère en charge des Affaires étrangères, représentant le ministre. La coordinatrice résidente du Système des Nations unies au Burundi, des représentants de l’équipe Europe et plusieurs autres partenaires au développement ont également pris part à la réunion.
S’agissant de l’épidémie à virus Ebola, M. Nkezabahizi présenté la situation épidémiologique dans la région. Il a indiqué qu’aucun cas d’Ebola n’avait été signalé au Burundi au moment de la réunion, alors que la maladie avait déjà été signalée dans certains pays de la région, notamment en République démocratique du Congo et, récemment, au Kenya.

Face à ce risque, les participants ont souligné la nécessité pour le Burundi de renforcer sa préparation et ses capacités de réponse afin de faire face à toute éventualité liée à cette épidémie.
Les participants ont également été informés sur les mesures de préparation face au phénomène El Niño et ses éventuelles conséquences. Selon les prévisions présentées par l’Igebu (Institut géographique du Burundi) des précipitations excédentaires pourraient être enregistrées, avec un risque accru d’inondations dans la région ouest et dans certaines autres localités du pays.
Cette situation appelle, selon les participants, au renforcement des mécanismes d’anticipation et de préparation afin de limiter les conséquences humanitaires des éventuelles catastrophes.
Concernant la situation des réfugiés, il a été indiqué que le Burundi avait accueilli plus de 150 000 réfugiés, dont plus de 90 % étaient des ressortissants de la République démocratique du Congo. A la suite du retour de plus de 20 000 réfugiés en République démocratique du Congo, le nombre de personnes hébergées dans le camp de Busuma est passé d’environ 66 000 à 37 000. Cette diminution a contribué à une certaine amélioration des conditions de vie des réfugiés qui y sont encore accueillis.
Plus de 419 000 Burundais rapatriés depuis 2017
En ce qui concerne les rapatriés burundais en provenance des pays d’asile, il a été indiqué que, depuis le début du processus de rapatriement en 2017, plus de 419 000 Burundais étaient déjà rentrés au pays. Toutefois, plus de 200 000 autres Burundais demeurent encore dans les pays d’asile.
Les différentes présentations ont permis de dresser un état des lieux de la situation humanitaire, d’identifier les principaux défis ainsi que les besoins en matière de financement. Les participants ont également échangé sur les moyens de renforcer les réponses aux différentes situations d’urgence.
Les partenaires ayant pris la parole ont salué l’engagement du gouvernement burundais dans la préparation et la prévention des crises humanitaires et des promesses ont été faites en vue de soutenir ces actions.
Claude Hakizimana
