
En vue du 2e Congrès mondial sur l’élimination des violences faites aux enfants prévu à Manille (Philippines) les 18 et 19 novembre 2026, le ministère de la Justice, des droits de la personne humaine et du genre, en collaboration avec l’Unicef et l’OMS, a organisé le mardi 29 septembre 2026 à Bujumbura, une rencontre sur la consultation nationale en vue de formuler les engagements du gouvernement du Burundi à présenter lors de la deuxième conférence ministérielle mondiale. L’objectif est de dresser le bilan des engagements de Bogotá (2024) et de formuler une feuille de route concertée.
Face aux menaces croissantes qui pèsent sur l’avenir des jeunes, le gouvernement du Burundi et ses partenaires se mobilisent pour bâtir un système de protection plus efficace et inclusif.
Dans son discours, le ministre de la Justice, des droits de la personne humaine et du Genre, Alfred Ahingejeje, a tracé les perspectives prioritaires du gouvernement pour éradiquer ce fléau. Affirmant la volonté de placer l’enfant, la famille et les autorités locales au cœur des interventions, il a annoncé la création urgente d’un comité interministériel de suivi des progrès.
M.Ahingejeje a préconisé une révision du Code pénal afin d’y inclure les nouvelles formes d’exploitation sexuelle, notamment dans l’espace numérique, ainsi que la poursuite du projet de code de protection de l’enfant. Sur le plan opérationnel, il a exhorté à redynamiser les mécanismes de signalement dans les écoles et hôpitaux, à lutter contre le travail dangereux, la traite et les mariages précoces, tout en renforçant les compétences des enfants et le soutien aux familles d’accueil. L’enjeu est de présenter à Manille des engagements réels et réalisables.
Une réponse multisectorielle et ciblée
Abondant dans le même sens, la représentante de l’Unicef au Burundi, France Bégin, a plaidé pour une action collective s’attaquant aux causes profondes de la violence. Saluant les avancées institutionnelles et le dévouement des travailleurs sociaux, elle a déploré la persistance des châtiments corporels et des violences sexuelles frappant les adolescentes.
Elle a rappelé que la pauvreté, la discrimination et certaines normes sociales entretiennent encore ces abus. Soulignant que les enfants en situation de handicap ou séparés de leur famille demeurent particulièrement vulnérables, Mme Bégin a insisté sur la nécessité de garantir un accès rapide à une prise en charge médicale, juridique et psychosociale. « Aucun enfant ne devrait être laissé seul face à la violence », a-t-elle martelé, réaffirmant le soutien de son institution envers le gouvernement du Burundi.
Prenant la parole au nom de l’OMS, l’experte genre Dr Brigitte Ndelema s’est réjouie de la constance de l’engagement burundais depuis le Sommet de Bogotá en 2024. Elle a mentionné que plus d’un milliard d’enfants subissent des violences chaque année dans le monde, souffrant de séquelles graves sur leur santé mentale et leur développement cognitif.
Elle a réitéré la disponibilité de l’OMS à accompagner le pays, notamment par le renforcement des compétences parentales, la formation du personnel de santé et l’amélioration de la prise en charge médicale. Elle a conclu en soulignant que la protection de l’enfance constitue un investissement indispensable pour l’avenir de la société.
Jean Marie Ndayisenga
