
Les porte-paroles des institutions burundaises ont animé le mardi 29 septembre 2026, au stade Ku Gasaka situé dans la commune Ngozi au chef-lieu de la province de Butanyerera, une émission publique pour répondre aux différentes questions des journalistes et de la population. Jérôme Niyonzima, porte parole du gouvernement a affirmé qu’environ 20 milliards de francs burundais pouvant aussi êtres revus à la hausse, sont prévus pour faire face aux catastrophes dont El Niño. Il a également indiqué que l’Etat reste préoccupé par le fait que certains fertilisants remis aux commerçants et qui parviennent à la population sont à des prix élevés.
Nancy-Ninette Mutoni, porte-parole du chef de l’Etat, a indiqué que, comme l’a annoncé le président de la République sur France 24, le Burundi est prêt à accueillir les personnes expulsées des États-Unis. Toutefois, seules les personnes ne faisant l’objet d’aucune poursuite judiciaire et n’ayant commis aucune infraction seront acceptées. Mme Mutoni a précisé que les préparatifs en vue de cette opération sont en cours. Selon elle, le Burundi a toujours accueilli des personnes venues de l’étranger, tout en veillant à ce que celles qui s’installent sur son territoire respectent les mœurs et l’identité culturelle du pays. Elle a signalé que dans le cas où certaines d’entre elles souhaiteraient acquérir la nationalité burundaise, des experts étudieront les demandes afin de déterminer les dispositions appropriées.

Concernant la mise en œuvre de l’harmonisation des salaires des employés des institutions ayant des statuts à caractères spéciaux, Mme Mutoni a indiqué que certaines irrégularités avaient été constatées, mais qu’elles ont déjà été corrigées. Elle a également affirmé que cette question sera prochainement examinée en Conseil des ministres afin d’y apporter une solution définitive.
Obède Niyonkuru, porte-parole du ministère en charge de la Fonction publique, a indiqué que, depuis 2023, chaque fonctionnaire est rémunéré sur base de son emploi-type. Il a précisé que des efforts sont en cours pour résoudre progressivement les différents problèmes rencontrés afin de régulariser la situation de tous les employés.
Il a également rassuré les fonctionnaires concernés que ceux qui ne sont pas encore rémunérés verront leur situation régularisée, précisant que leurs dossiers sont actuellement examinés par des experts. Concernant les employés qui travaillent depuis plusieurs jours sans percevoir leurs salaires, il a expliqué que certains dossiers qui ne sont pas encore traités comportent des erreurs ou irrégularités.
Il a ainsi invité les personnes qui constatent que leurs dossiers ont été transmis mais n’ont pas encore été régularisés à se rendre auprès des services concernés afin de vérifier si leurs dossiers ne comportent pas d’irrégularités.
Empêcher les produits susceptibles de constituer un obstacle à l’atteinte de la Vision nationale
Onesime Niyukuri, porte-parole du ministère en charge du commerce, a indiqué que la décision de suspendre la commercialisation des boissons fortifiées et liqueurs a été prise dans le but d’empêcher les produits susceptibles de constituer un obstacle à l’atteinte de la Vision nationale.
Il a ainsi demandé aux commerçants de rassembler ces boissons et de retourner à leurs fournisseurs. «Les fabricants de ces produits doivent également veiller à ce que leurs produits commercialisés répondent aux exigences requises et soient soumis à un contrôle de qualité», a-t-il indiqué. Il a ajouté que les commerçants sont par ailleurs appelés à vérifier que les produits qu’ils vendent sont conformes aux normes en vigueur et qu’ils ne sont pas périmés.
M. Niyukuri a indiqué que les institutions chargées du contrôle de la qualité sont en train d’être renforcées afin de permettre un contrôle régulier de la qualité notamment par l’augmentation du nombre de techniciens à travers tout le pays. Il a ajouté que les représentants du ministère présents dans les provinces et communes continueront également à contribuer à ces contrôles.Les agriculteurs sont invités à compléter les fertilisants organo-minéraux par des fumiers organiques
Gérôme Niyonzima, porte-parole du gouvernement, a souligné qu’un récent recensement des agriculteurs ayant besoin de fertilisants a dénombré 1 266 284 agriculteurs, pour des besoins estimés à environ 164 216 tonnes de fertilisants. M. Niyonzima a précisé que ces chiffres restent provisoires. Selon lui, la quantité d’engrais demandée est supérieure aux stocks actuellement disponibles, en raison de l’appel lancé aux Burundais à s’investir davantage dans l’agriculture, appel auquel ils ont répondu favorablement. il encourage les agriculteurs à compléter progressivement cette quantité par l’utilisation de fumiers organiques. «L’Etat reste préoccupé par le fait que certains fertilisants remis aux commerçants et qui parviennent à la population sont à des prix élevés», a-t-il déplore.
Quant aux agriculteurs ayant des arriérés liés à l’achat des fertilisants, il les a appelés à patienter, précisant que des listes sont en cours d’établissement afin qu’ils puissent être pris en charge dans les meilleures conditions et sans fraude.
Jean Christophe Irambona, porte-parole du ministère de l’Education, a précisé que la réforme de l’enseignement au Burundi est en cours de préparation. «Le programme d’enseignement est actuellement en cours de révision et une fois toutes ces étapes achevées, la réforme des enseignements pourra commencer». Il a toutefois affirmé que, jusqu’à présent, les enseignements n’ont pas encore été réformés. Il a enfin affirmé que 95 % d’élèves disposent désormais de bonnes conditions d’apprentissage suite aux bancs pupitres qui ont été fabriqués et les établissements qui n’en disposent encore reçu seront progressivement approvisionnés.
Carine Nduwayo, porte-parole du ministère en charge des affaires étrangères, a dit que le gouvernement du Burundi a collaboré avec l’ambassade du Burundi au Kenya afin de favoriser les Burundaises qui veulent retourner au pays . «Dès qu’ils ont obtenu ces laissez-passer, la plupart d’entre eux sont rentrés sans attendre que le gouvernement mette à leur disposition des bus», a-t-elle rassuré. Elle a également affirmé qu’aucune famille ne s’est pas encore adressée à ce ministère pour signaler la disparition d’un de ses membres au Kenya. Au total, 6 309 personnes, dont 393 femmes et 86 enfants sont déjà arrivés au Burundi en passant par la frontière de Kobero.
Le gouvernement appelle à la vigilance sans céder à la panique
Gérôme Niyonzima a fait savoir que le gouvernement se prépare à faire face au phénomène El Niño. «Certaines formations ont déjà été organisées afin de sensibiliser la population, notamment sur le traçage des courbes de niveaux. Des mécanismes d’intervention ont également été prévus pour faire face à d’éventuelles catastrophes», a-t-il indiqué. Il a également affirmé qu’environs 20 milliards de francs burundais sont prévus pour la prévention des catastrophes, un montant qui pourra être revue à la hausse si nécessaire, afin d’éviter l’intervention après que les dégâts ont déjà été causés.
Il a également annoncé la mise en place d’une commission interministérielle qui se réunira régulièrement afin d’évaluer les besoins en matière de prévention. « Nous nous préparons à faire face aux accidents et catastrophes, mais personne ne doit céder à la panique au point d’arrêter de travailler. Il ne faut pas non plus que certaines personnes sèment la peur aux autres ». Il a enfin appelé la population à suivre les recommandations, notamment en matière de reboisement et traçage des courbes de niveau.
Etienne Nduwimana
