
Les personnes vivant avec handicap, en particulier les sourds-muets éprouvent des défis majeurs et appellent à la connaissance de la langue des signes par toute la communauté. Cette recommandation est ressortie d’un atelier organisé par le RCPHB (Réseau du centre des personnes vivant avec handicap au Burundi), en collaboration avec l’association nationale des sourds. Le secrétaire permanent au ministère de la Justice des droits de la personne humaine et du genre, Rosalie Nahishakiye les a tranquillisés.
Lors des échanges, tous les participants ont rappelé, avec force, que l’accès effectif aux droits humains fondamentaux pour les personnes sourdes passe inévitablement par la reconnaissance, la protection et l’usage libre de la langue des signes. « Aucun droit ne peut être exercé pleinement sans la possibilité de comprendre et se faire comprendre », a cimenté Emmanuel Ndayipfukamiye, président et représentant légal du RCPHB. Et de regretter qu’au niveau de l’éducation, le Burundi compte trois écoles primaires spécialisées pour les enfants sourds à Bujumbura, Gitega et Ruyigi. « Leurs capacités d’accueil sont saturées ». Dans le domaine sanitaire et judiciaire, fautes d’interprètes qualifiés, le droit à la santé et au procès équitable sont fragilisés. Quant aux femmes et filles sourdes, a également reconnu M. Ndayipfukamiye, elles subissent une double discrimination, liée au genre et handicap, qui les expose davantage, à la pauvreté, aux abus et à la marginalisation.
Théodomir Niyonkuru, président de l’association nationale des sourds a interpelé la communauté, à apprendre la langue des signes pour faciliter la compréhension et les échanges. « Certains parents laissent à la maison leurs enfants sans leur permettre d’être scolarisés », a-t-il regretté.
Face à tous ces défis, Rosalie Ahishakiye, secrétaire permanent au ministère ayant les droits de la personne humaine dans ses attributions a été claire. « Nous sommes conscients des défis qui persistent et que les barrières de la communication peuvent mettre en péril la vie des personnes sourdes, notamment dans les systèmes de l’éducation, la santé et la justice. Le défi est en train d’être levé progressivement par l’usage des interprètes, afin de rassurer toute personne à faire une communication fluide ». Mme Ahishakiye a également reconnu la volonté du gouvernement Burundais à promouvoir les droits des personnes vivant avec handicap. « Le gouvernement s’est engagé à promouvoir l’accessibilité des personnes vivant avec handicap en leur permettant d’avoir accès directement ou indirectement aux avantages des services sociaux publics dans toutes les sphères de la société. Cela inclura notamment l’accès à I ‘information, la communication et l’environnement physique tels que tactile et le langage des signes, à I ‘interprétation pour les sourds et aveugles, aux bandes audios, au braille, aux gros caractères, aux facilités pour les malvoyants, à l’information et à des programmes informatisés et en faisant de l’environnement physique tels que les bâtiments, le transport public, les routes accessibles aux personnes en situation d’handicap ».
Moïse Nkurunziza
