
(Photo : Yvette Irambona)
Dix-huit médias burundais dont douze radios et six journaux de la presse écrite ont organisé, le mercredi 23 septembre 2026, dans la capitale politique Gitega, un débat multiplex consacré à la planification des projets créateurs d’emplois dans leurs communes, en partenariat avec la Benevolencija. Les invités à ce débat étaient l’administrateur de la commune Bugendana Melchiade Ciza ; l’administrateur de la commune Kiganda Diane Irakoze ; le chargé des opérations à D-Techn ; ainsi que le secrétaire général de l’Olucome Arthémon Muntunutwiwe.
« Nous ne sommes pas suffisamment informés sur les projets initiés dans les communes. Beaucoup d’entre nous avons nos terminé les études universitaires mais, nous exerçons le travail qui ne correspond pas à notre qualification. Pour cela, nous demandons aux autorités communales de renforcer notre implication pour que nous soyons informés, afin de nous permettre de participer, davantage aux initiatives de développement et contribuer à la création de nos propres emplois ». Tels sont les propos de certains jeunes de différentes localités des provinces de Bujumbura, Gitega et Burunga interrogés sur leur contribution à ces projets de développement.
Faible participation des jeunes aux réunions organisées
Face à cette situation, Melchiade Ciza, administrateur de la commune Bugendana, a précisé que cette dernière dispose d’un site web à travers lequel sont diffusées des informations, notamment celles relatives aux projets de développement. Celui qui est intéressé ne manque pas où puiser l’information et avoir cette curiosité d’être au courant des nouvelles de la commune. Aussi, des réunions sont organisées avec les chefs de zones et collines, même des communiqués sont diffusés dans les églises et marchés pour relayer l’information.
Pour M. Ciza, la jeunesse de cette commune est à l’œuvre étant donné qu’elle pratique surtout l’agriculture et l’élevage. « Nous sensibilisons les jeunes à adhérer dans les coopératives pour augmenter la production, et l’argent reçu leur permet de créer leurs propres emplois » .
Abordant la situation dans la commune Kiganda, Diane Kaneza, administrateur communal, a quant à elle, indiqué que des efforts restent à fournir , notamment en matière de participation des jeunes aux réunions consacrées aux projets de développement. « La faible participation de cette catégorie de la population constitue encore un défi pour une meilleure implication de la jeunesse dans les initiatives communales.»

Pour Jean Bosco Ndayizeye, le chargé des opérations au D-Techn, les communes devraient soutenir les coopératives des jeunes et penser aux unités de transformation permettant la création d’emplois. La jeunesse doit être impliquée dans les projets communaux et faire un suivi régulier pour le bon déroulement des activités.
Mieux orienter et accompagner les jeunes
De sont côté, Arthémon Muntunutwiwe, secrétaire général de l’Olucome, a souligné que l’un des défis réside dans l’encadrement de la jeunesse par les autorités communales. Ainsi, il a appelé les communes à mieux orienter et accompagner les jeunes, afin de leur permettre de saisir les opportunités offertes par les projets de développement. Pour M. Muntunutwiwe, il existe beaucoup de talents cachés au niveau de la jeunesse, c’est pour cette raison que l’administration communale devrait s’occuper de ces jeunes ayant différentes qualifications après leurs études. Il s’agit d’une opportunité pour le développement de la commune, et la réduction du chômage en cherchant des experts y compris la jeunesse pour apporter sa pierre à l’édifice. Actuellement, pour ces projets de développement, il y a encore du pain sur la planche, d’où une priorisation pour aboutir à leur réussite.
Le gouvernement prévoit d’investir dans les communes plus de 944 milliards de francs Burundais, et chaque commune aura plus de 22 milliards. D’après Fortuné régissant le Bigirindavyi, directeur général du Fonic (Fonds national d’investissement communal), ces fonds sont alloués aux projets communaux et le Fonic va suivre de près l’utilisation de cet argent. « Selon la nouvelle loi régissant le Fonic sortie le 30 juillet 2026, cet argent a été préparé dans les départements communaux, et sera distribué suivant les besoins des communes et les conventions tracées. Il est destiné an projet bien étudié et se trouvant dans le PTBA (Plan de travail, budget annuel) ».
Selon l’enquête de la Bad (Banque africaine de développement) de 2024, plus de 50% de la jeunesse burundaise n’ont pas d’emploi, et chaque année, plus de cent cinquante jeunes s’y ajoutent. D’après une étude de 2020 menée par le ministère de la Jeunesse, des sports et de la culture, plus de deux cent quatre-vingt-six mille jeunes ont terminé leurs études et sont sans emploi.
Yvette Irambona
