
Dans une séance plénière dirigée par le président du Sénat Gervais Ndirakobuca, le ministre des Infrastructures, des Logements Sociaux, des Transports et de l’Equipement Egide Nijimbere était invité, ce jeudi 24 septembre 2026, au palais des congrès de Gitega pour répondre aux préoccupations des sénateurs.
Parmi autant de questions adressées au ministre Nijimbere, figurait celle concernant la suspension des chantiers routiers. Les sénateurs ont demandé les raisons de l’arrêt des travaux de construction de certains axes routiers, notamment la RN3 dans parties Rumonge -Nyanza-lac et Rumonge -Gitaza ainsi que la RN9, dans sa partie Gikoma-Bubanza.
Concernant la RN3, le ministre a expliqué que le gouvernement du Burundi avait sollicité un financement auprès des banques arabes afin de poursuivre la construction du tronçon Rumonge-Nyanza-Lac, long de 52 kilomètres, ainsi que de la route Bururi-Gakuba.Il a fait savoir que les travaux prévus sur le tronçon Bururi-Gakuba avaient pu être achevés. Toutefois, il a déploré que les tronçons Rumonge-Nyanza-Lac et Rumonge-Gitaza ne soient pas encore terminés.Selon lui, l’arrêt des travaux est lié notamment aux contraintes financières, aux perturbations observées sur les marchés financiers internationaux ainsi qu’aux changements climatiques. Il a néanmoins rassuré que le gouvernement poursuit les négociations avec les banques auprès desquelles il a sollicité des financements.Ces négociations auraient atteint un niveau satisfaisant, a-t-il indiqué, laissant entrevoir une reprise prochaine des travaux. Les mêmes difficultés financières expliquent également, selon le ministre, la suspension de certains travaux de réhabilitation de la RN9.
La planification de la future capitale politique déjà
Les sénateurs ont également voulu savoir comment le ministère prépare le développement de la capitale politique du Burundi, dans le cadre de la Vision Burundi pays émergent en 2040 et pays développé en 2060.
A ce sujet, Egide Nijimbere a expliqué que la planification urbaine, la délimitation des espaces ainsi que le zonage avaient déjà été prévus dans les documents de planification. Leur mise en œuvre se fera progressivement, en tenant compte notamment de l’évolution démographique.Le ministre Nijimbere a souligné que le développement d’une ville concerne l’ensemble des acteurs et nécessite donc une synergie entre les différents intervenants. Il a toutefois indiqué que son ministère avait déjà entrepris certaines actions dans le domaine de l’urbanisation.
En matière de bâtiments publics, il a cité notamment la construction du bureau de la province de Gitega , des infrastructures destinées à abriter différents ministères ainsi que la construction du palais présidentiel, parmi les travaux en cours.

Des bâtiments administratifs à améliorer
Les sénateurs ont également soulevé la question de la qualité de certains bâtiments abritant les bureaux zonaux à travers le pays. Alors que la plupart de ces infrastructures ont déjà été réceptionnées, des préoccupations persistent concernant la qualité de certains ouvrages, certains présentant des défauts de construction, voire des problèmes d’infiltration.
En réponse, le ministre Egide Nijimbere a indiqué que la construction de ces bâtiments avait été confiée au ministère ayant l’Administration du territoire dans ses attributions, qui en assurait le suivi. Il a précisé que son ministère n’avait pas reçu de copies des rapports établis sur ces travaux.Toutefois, il a souligné que, comme il s’agit d’un même gouvernement, chaque fois que des corrections sont nécessaires et que le ministère en charge des infrastructures est sollicité, celui-ci mettra à contribution ses compétences et son expertise afin que les travaux soient correctement réalisés.
Logements sociaux : des contraintes à lever
Les sénateurs ont demandé l’état des lieux du projet de construction des logements sociaux en mairie de Bujumbura précisément dans les sites Kizingwe-Bihara et Socarti. Ici, Egide Nijimbere a reconnu que le projet n’avait pas encore atteint le niveau souhaité. Il a expliqué que plusieurs facteurs étaient à l’origine de cette situation. A Socarti, certaines difficultés sont liées au non-respect des plans et orientations établis par l’Obuha par les opérateurs économiques ayant remporté les marchés de construction. Ceux-ci auraient notamment envisagé la construction d’immeubles de standing élevé, ne correspondant pas aux orientations du gouvernement visant à permettre à un grand nombre de Burundais d’accéder à des logements à des prix abordables. A Kizingwe-Bihara, les difficultés concernent notamment le cadre juridique du terrain, en raison de désaccords persistants entre certains occupants et l’Etat.
Malgré ces contraintes, le ministre a assuré que le projet n’était pas abandonné. Les autorités poursuivent la recherche de solutions aux différentes difficultés afin de permettre le démarrage des travaux dans de bonnes conditions et dans le respect des accords entre l’Etat et les entreprises qui seront chargées de construire ces logements.
Eric Sabumukama
