Des enquêtes vont bientôt commencer sur les atrocités commises lors des massacres de 1988 dans les anciennes communes Ntega et Marangara, dans les anciennes provinces de Kirundo et Ngozi. C’est ce qu’a annoncé Pierre Claver Ndayicariye, président de la Commission vérité et réconciliation (CVR), lors d’une réunion de deux jours organisée du 27 au 28 août 2026 dans la commune de Kiremba, en province de Butanyerera. Cette rencontre a réuni des personnes qui connaissent ou ont été témoins des massacres communément appelés «massacres de Ntega-Marangara». Au cours de cette réunion, 16 questions ont été posées aux participants. Les réponses fournies permettront à la CVR de mieux établir la vérité sur ces massacres.

A l’ouverture de la réunion, le président de la Commission vérité et réconciliation, Pierre Claver Ndayicariye, a indiqué que la CVR avait annoncé, le 16 juin 2026 devant l’Assemblée nationale, son intention de commencer les enquêtes sur les massacres qui ont eu lieu en 1988 dans les communes de Ntega et Marangara. La réunion de Kiremba réunissait notamment des personnes qui ont connu les événements de 1988 ou qui en ont été témoins. Cette réunion faisait suite à trois autres réunions organisées à Ntega, Marangara et Bujumbura. Lors de ces précédentes rencontres, la CVR avait donné la parole à des personnes originaires de Kirundo et de Ngozi, ainsi qu’à des citoyens qui avaient été témoins dedits événements. Ceux-ci avaient largement évoqué ce qu’ils avaient vécu durant cette période.
Le travail de la CVR aide les Burundais à connaître la vérité
Pierre Claver Ndayicariye a souligné l’importance du travail de la CVR, qui permet aux Burundais de connaître la vérité sur les épreuves vécues par les victimes et les témoins. Selon lui, ceux qui vivaient à Ntega et à Marangara à cette époque sont les mieux placés pour apporter des informations sur ce qui s’est réellement passé. La réunion avait donc pour objectif de recueillir leurs témoignages et leurs réponses afin de fournir à la CVR des éléments utiles à ses enquêtes et permettre aux Burundais de connaître la vérité sur ces événements. Il a rappelé que ces massacres avaient fait de nombreuses victimes innocentes, laissant derrière eux des veuves, des orphelins et des familles ayant perdu leurs biens. Il a également souligné que le fait de parler et de dire la vérité peut contribuer à apaiser les souffrances et à faire la lumière sur les événements du passé.
Certains participants ont ensuite partagé ce qu’ils ont vu ou vécu pendant les massacres de Ntega-Marangara après avoir suivi le documentaire sur les atrocités que le Burundi a vécu depuis 1972. A l’issue de cette réunion de Kiremba, des enquêtes vont être menées auprès des personnes ayant été touchées ou ayant perdu la vie lors des massacres de Ntega-Marangara, afin de poursuivre le travail de recherche de la vérité.
Joseph Mvyariyehe
