La continuité des services sanitaires des urgences dans les zones frontalières, une nécessité
Le ministère de la Santé publique en collaboration avec ses partenaires, organise du 17 au 19 août 2026, une réunion de consultation nationale consacrée à l’examen du protocole d’accord multilatéral sur la collaboration et la coopération transfrontalière dans la préparation et réponses aux urgences sanitaires et à la révision du paquet de services de santé essentiels. Le ministre en charge de la santé, Fidèle Nkezabahizi affirme que le gouvernement du Burundi est déterminé à renforcer le système de santé local et la sécurité sanitaire transfrontalière, pour une protection optimale des citoyens et populations de la sous-région. Les intervenants, quant à eux, ont souhaité qu’il y ait une continuité des services sanitaires des urgences dans les zones frontalières.

Dans son allocution d’ouverture, le ministre de la Santé publique, Fidèle Nkezabahizi, a souligné que cette rencontre réunit les principaux décideurs du ministère de la Santé, des ministères sectoriels, experts juridiques, ainsi que des techniciens et responsables des points d’entrée autour de cinq enjeux prioritaire. Il s’agit notamment d’examiner et d’enrichir le projet de protocole d’accord multipays sur la coopération technique et la coordination transfrontalière afin d’assurer sa cohérence avec les politiques nationales avant son adoption ; d’élaborer une feuille de route nationale claire, identifiant les mécanismes opérationnels nécessaires à sa mise en œuvre aux points d’entrée et dans lez zones frontalières ; de plaider pour la révision du paquet national de service de santé essentiels conformément aux orientations de l’OMS, afin de garantir la continuité des soins primaires pendant et après les crises sanitaires ainsi que d’harmoniser l’action multisectorielle pour surmonter les obstacles à l’interopérabilité de la surveillance et la mobilisation rapide des ressources en période d’urgence.
Il a précisé que la région d’Afrique fait face, de manière récurrente, à des urgences de santé publique complexes. Il a cité entre autres l’épidémie de Mpox, déclarée urgence de santé publique de portée internationale par l’OMS en 2025, qui est une illustration évidente. De la république démocratique du Congo aux autres pays membres de la communauté de l’Afrique de l’Est dont le Burundi, la circulation des pathogènes rappelle que les épidémies ne s’arrêtent pas aux frontières nationales.
M. Nkezabahizi a ajouté que d’autres urgences sanitaires telles que le choléra, la rougeole ou la maladie à virus Ebola dont l’émergence et la transmission sont exacerbées par le changement climatique, les phénomènes météorologiques extrêmes et la forte mobilité des populations. Que ce soit pour le commerce, le pastoralisme ou les flux migratoires, les zones frontalières sont le carrefour d’intenses échanges humains.
Il a affirmé que les enseignements tirés de la gestion des épidémies récentes ont confirmé une vérité fondamentale : aucun pays ne peut être en sécurité sanitaire tant que tous les autres ne le sont pas. Il a pour ce faire rappelé que c’est pour répondre à ces défis structurels que s’inscrit le projet de préparation, réponse et résilience face aux urgences sanitaires. Avec la collaboration des partenaires, des étapes décisives ont été franchies, notamment lors de la réunion de concertation des secrétaires permanents tenue à Brazzaville en mai dernier. C’est dans ce cadre que le gouvernement du Burundi réitère son engagement dans la réponse aux urgences sanitaires transfrontalières.
Le chef de fil des partenaires qui est responsable a.i de l’Unicef au Burundi a précisé que leur souhait est que les participants réussissent à placer les populations vulnérables et les enfants au centre des échanges mais aussi à renforcer les activités multisectorielles au niveau national et sur les frontières. Elle a enfin réaffirmé l’engagement des partenaires dans l’implication des activités visant la réponse aux urgences sanitaires au niveau national transfrontalier.
Rose Mpekerimana
