
Le vendredi 14 août 2026, le chef de l’Etat burundais, Evariste Ndayishimiye, a réuni au palais présidentiel Ntare Rushatsi les responsables et cadres du ministère des ressources minières, énergétiques, de l’industrie, du commerce et du tourisme. Face à des résultats jugés insatisfaisants dans un secteur censé fournir la moitié des recettes publiques, M. Ndayishimiye a dressé un réquisitoire sans concession contre les dysfonctionnements observés et a exigé un redressement immédiat sous peine de révocations.
En ouvrant cette rencontre stratégique, M. Ndayishimiye a rappelé d’emblée que ce département transversal devait constituer une véritable fondation de l’économie nationale. Il a vivement déploré que ses performances réelles demeurent très éloignées de l’objectif fixé de 50 % des recettes globales attendues par l’Etat. Passant méthodiquement en revue chaque branche d’activité, il a dressé un bilan sans complaisance des défaillances de gestion.
Dans le domaine des mines et de la géologie, le président de la République a fustigé la persistance d’activités clandestines. Il a dénoncé l’attitude d’individus et de sociétés privées qui s’octroient illégalement le droit d’exploiter les minerais, déployant parfois des engins lourds sans la moindre autorisation. Le chef de l’Etat a donc enjoint aux autorités compétentes d’exercer une surveillance permanente afin de protéger le patrimoine minéral national.
S’agissant de l’eau potable et l’assainissement, il a pointé du doigt la prolifération d’entreprises privées commercialisant de l’eau conditionnée sans détenir les homologations requises. Il a réclamé un suivi sanitaire rigoureux pour garantir un accès sécurisé à la population.

Concernant le volet touristique, il a déploré la dégradation des sites et la lourdeur bureaucratique qui rebute les investisseurs désireux de bâtir des infrastructures hôtelières modernes. Il a souligné que seuls quelques lieux, à l’instar de la commune Kiganda ou la Source du Nil, bénéficient actuellement d’un aménagement acceptable.
Energie et commerce : cap sur la régulation et la transparence
Abordant le secteur du commerce et de l’industrie, M. Ndayishimiye a ordonné un contrôle strict des marchés pour contrer la hausse intempestive des prix orchestrée par certains spéculateurs. Il a préconisé la diversification agricole par la promotion de nouvelles cultures de rente, tout en intimant au BBN (Bureau burundais de normalisation) l’ordre de renforcer la traque des produits manufacturés non homologués.
S’adressant directement aux responsables de la Regideso (Régie de production et de distribution d’eau et d’électricité), le chef de l’Etat a exigé l’éradication de la corruption et une hausse significative de la desserte électrique pour soutenir l’activité économique et répondre à la demande quotidienne des ménages.
Concluant sa réunion par un appel à la conscience professionnelle, Evariste Ndayishimiye a exhorté les responsables à faire preuve de rigueur et d’éthique. Il a martelé qu’aucune défaillance ne serait désormais tolérée : tout cadre qui faillira à ses missions sera purement et simplement démis de ses fonctions, sans distinction d’ethnie, d’appartenance politique ou de genre.
Jean Marie Ndayisenga
