Vingt ans après l’adoption de la Charte africaine de la jeunesse, les acteurs du continent africain sont appelés à passer de l’engagement politique à sa mise en œuvre effective. C’est dans ce contexte que s’est tenue, le mardi 11 août 2026, une session parallèle aux travaux du Dialogue continental sur la jeunesse, la paix et la sécurité, 5e édition, et du Forum Femmes, paix et sécurité. Les échanges ont notamment porté sur les acquis, défis et perspectives de cet instrument continental en faveur des jeunes.

Prosper Bazombanza , Vice-président de la république du Burundi, a solennellement ouvert cette session consacrée à l’analyse des acquis de la Charte africaine de la jeunesse, adoptée le 2 juillet 2006 à Banjul, en Gambie, lors du 7e sommet ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine.
Dans son allocution, M.Bazombanza a souligné le rôle fondamental de la jeunesse africaine dans le développement du continent. Il a précisé que les jeunes jouent désormais un rôle moteur dans plusieurs domaines, notamment la résilience communautaire, la médiation, l’engagement civique, la lutte contre les changements climatiques, la consolidation de la paix, l’innovation, l’entrepreneuriat et la bonne gouvernance.
Selon lui, les jeunes ne doivent plus être considérés comme de simples bénéficiaires des politiques publiques. Ils constituent des partenaires indispensables à la construction d’une Afrique pacifique, démocratique, prospère et centrée sur les populations.
Des acquis mais des défis persistants
Présentant les résultats de vingt années d’existence de la Charte africaine de la jeunesse, Désiré Manirakiza, Vice-président du Panel des éminentes personnalités du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), a indiqué que le principal défi n’est plus la ratification de la Charte, mais sa mise en œuvre effective.
M.Manirakiza a souligné que cet instrument a contribué à influencer le politiques publiques des gouvernements africains, notamment en transformant le potentiel démographique de la jeunesse en opportunités économiques. Des progrès sont également enregistrés dans l’adaptation des systèmes éducatifs aux besoins du marché de l’emploi et dans la participation des jeunes à la prise de décisions concernant leur avenir.
Toutefois, le chômage des jeunes demeure une préoccupation majeure sur le continent, avec des situations qui varient d’un pays à l’autre. L’insuffisance de financements destinés aux initiatives en faveur de la jeunesse constitue également un obstacle important à la pleine réalisation des objectifs de la Charte. Parmi les solutions proposées figurent l’accroissement des financements nationaux en faveur des jeunes, ainsi qu’une meilleure coordination des initiatives entre les différents pays africains.
Le Burundi mise sur l’autonomisation

M.Bazombanza a, par ailleurs, présenté plusieurs initiatives mises en place par le Burundi pour favoriser l’autonomisation économique et professionnelle des jeunes et femmes. Il a notamment cité le Paeej Programme d’autonomisation économique et d’emplois des jeunes), la Bije (Banque d’investissement des jeunes) Bije, la BIDF (Banque d’investissement et de développement des femmes), le Centre polytechnique de formation et reconversion professionnelle de Rusi ainsi que l’Agence burundaise pour l’emploi des jeunes.
Il a également évoqué l’organisation de la semaine dédiée à l’innovation des jeunes comme une occasion de promouvoir la créativité et l’entrepreneuriat des jeunes. Pour lui, la participation directe des jeunes à l’évaluation des vingt années de la Charte africaine de la jeunesse et au Rapport sur la gouvernance en Afrique permettra de mieux prendre en compte leurs voix, expériences et aspirations dans l’élaboration des futurs cadres politiques et les réformes de gouvernance à l’échelle du continent.
Ferdinand Hakizimana
