La diaspora panafricaine recommande, entre autres, le renforcement du cadre juridique et des mécanismes de protection ses investissements, l’amélioration du climat des affaires en vue d’accroitre sa confiance à investir dans leurs pays d’origine. Ces recommandations ont été formulées lors de la clôture de la Semaine de la diaspora panafricaine organisée à Bujumbura du 29 au 30 juillet 2026.

Les deux jours ont été marqués des présentations, des panels ainsi qu’un documentaire sur les réalisations de la diaspora ainsi que le développement de différentes thématiques. Les travaux de l’avant-midi de la deuxième journée centrés sur les échanges d’expériences sur les bonnes pratiques de la mobilisation de la diaspora sur le continent ont été rehaussés par la présence du Premier ministre Burundais, Nestor Ntahontuye.
Lors du débat sur l’emploi et la valorisation des compétences, le chef du gouvernement a signalé qu’il faut se rappeler que tout se trouve dans la terre : l’agriculture, l’exploitation minière et tous les domaines connexes. Ces secteurs peuvent employer une main d’œuvre assez importance, ne nécessitant même pas de compétences plus élevées, et pourtant cela peut contribuer à résoudre un grand problème notamment celui lié au chômage.

Une semaine de dialogue franc et riche d’ambitions
Dans son allocution de clôture, le ministre des Affaires étrangères, de l’intégration régionale et de la coopération au développement, Edouard Bizimana, a fait savoir que la Semaine de la diaspora panafricaine était marquée par « un dialogue franc, riche d’ambitions et qui met la diaspora panafricaine au cœur d’un développement et de la transformation de notre continent ». Il a ainsi remercié tous les participants pour leur présence et surtout leurs contributions durant les deux jours des travaux.

« L’Afrique reconnait vos compétences et se réjouit de vous avoir comme partenaires incontournables dans la voie du développement et de la transformation de notre continent », a mentionné M. Bizimana avant de souligner que l’ambition est de faire de la diaspora un partenaire stratégique du développement, un acteur de l’innovation, de transfert des compétences et de la mobilisation des investissements ainsi que de la promotion de l’image de l’Afrique dans le monde. « Nous sommes tous convaincus que l’Afrique ne se développera pas sans votre apport », a ajouté M. Bizimana appelant cette diaspora à la mobilisation des autres à apporter leur pierre à l’édifice, chacun dans son domaine de compétence, pour la construction des pays d’origine. « Nous vous exhortons à intensifier vos efforts et à jouer un rôle moteur en veillant à ce que votre contribution soit véritablement visible dans la concrétisation de l’agenda 2063 de l’Union africaine », a-t-il martelé. « Les participants ont émis le souhait que le président Evariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, soit reconnu comme champion de la diaspora africaine et que Bujumbura soit reconnu comme la capitale de la diaspora panafricaine », a précisé le communiqué final.
Renforcer les mécanismes de protection des investissements de la diaspora
Des recommandations ont été formulées. Il s’agit notamment de renforcer le cadre juridique et les mécanismes de protection des investissements afin d’accroitre la confiance des investisseurs de la diaspora et de poursuivre les réformes visant à améliorer le climat des affaires notamment en renforçant la transparence, la bonne gouvernance et les mécanismes de lutte contre la corruption afin de consolider un environnement propice aux investissements.

Il a également été recommandé la simplification des procédures administratives et l’accélération de la digitalisation des services notamment un guichet unique dédié aux investisseurs de la diaspora ; la mise en place des mesures incitatives et des mécanismes financiers adaptés notamment en matière de fiscalité, de financement et de facilitation de rapatriement des capitaux. A cela s’ajoutent une cartographie et une base de données des compétences couvrant à la fois les compétences disponibles sur le territoire national et celles de la diaspora afin de faciliter leur mobilisation au service de développement. Certains membres de la diaspora burundaise qui se sont démarqués dans leurs investissements au Burundi en 2026 ont été encouragés en bénéficiant des certificats d’honneur pour leurs contributions au développement.
Claude Hakizimana
