Le Premier ministre burundais, Nestor Ntahontuye, a procédé à l’ouverture de la semaine de la diaspora, édition 2026, du 29 au 30 juillet 2026, organisée sous le thème: « Dialogue avec la diaspora panafricaine sur le développement et la transformation de l’Afrique ». M. Ntahontuye a appelé à une diaspora africaine organisée et unie afin de réussir à contribuer au développement durable de leurs pays respectifs.

«La chose la plus importante que je vous demande c’est d’être organisés et unis. Une force qui n’est pas organe ne fait peur à personne. Une diaspora dispersée en influence pas », a déclaré le chef du gouvernement burundais lors de l’ouverture de la Semaine panafricaine.
Cet événement d’envergure a réuni diverses personnalités, notamment la diaspora burundaise et la représentation des diasporas de Burkina Faso, Sénégal, Ethiopie, Egypte, Royaume-Uni, Malawi, Mali, Guinée Conakry, Comores, France, Côte d’Ivoire ainsi que les États-Unis. L’objectif principal est d’échanger sur le rôle de ces communautés au développement durable de leurs pays.
A cet effet, le Premier ministre Ntahontuye a laissé entendre que l’ambition du chef de l’Etat burundais et président en exercice de l’Union africaine est de faire de la diaspora africaine un acteur clé du développement du continent africain.
Ntahontuye a souligné que la diaspora africaine est forte par ses compétences, ses ressources et son sens de responsabilité. Pourtant, l’unité et une bonne organisation doivent primer afin que cette communauté parvienne à être efficace et bénéfique aux pays d’origine. « Le monde ne respecte pas les gens qui sont éparpillés, mais il respecte les personnes qui s’organisent, et écoute celles qui parlent d’une même voix. C’estcette voix que nous voulons pour la diaspora africaine », a insisté M. Ntahontuye, appelant à la prise de conscience, à la responsabilité et surtoutà l’engagement total pour le développement intégral du continent africain.
Pour le directeur des organisations des citoyens et de la diaspora (Cido) de l’Union africaine, Amr Aljowaily, la diaspora africaine n’est pas perçue comme une simple source de fonds mais plutôt une source de trois capitaux: un capital financier, humain ainsi qu’un capital diplomatique et social. Selon lui, les fonds de la diaspora permettent non seulement le soutien des familles mais aussi l’investissement dans différents secteurs, donc une contribution considérable au développement de leurs pays.
En plus des fonds, il y a aussi des compétences au sein de la diaspora africaine, par exemple des médecins, des ingénieurs, les chercheurs, etc., tout ce capital humain joue un rôle sur le marché de travail. « La diaspora est une voix, la diaspora est un pont », a martelé M. Aljowaily, évoquant le rôle de la diaspora sur le plan diplomatique et social.
De son côté, la coordinatrice résidente du Système des Nations unies, Violet Kakyomya, a fait savoir qu’à travers le monde, des milliers d’Africains contribuent au développement de leurs pays d’origine par leurs investissements, le transfert des compétences et l’innovation. A titre d’exemple, en 2024, les diasporas africaines ont contribué à hauteur de plus e 100 milliards de dollars américains au développement de leurs pays respectifs.
La mobilisation de la diaspora constitue un levier puissant pour accélérer la convergence entre la vision Burundi 2040-2060 et l’agenda 2063 de l’Union africaine et les objectifs de développement durable en renforçant les investissements, le transfert des compétences, l’innovation et le partenariat, a ajouté Mme Kakyomya.
Durant les deux jours, trois panels ont été prévus. Ces derniers portent sur la mobilisation et l’engagement des diasporas africaines pour le développement durable ; la promotion des investissements de la diaspora et leur contribution au développement du continent ainsi que l’échange d’expériences sur les bonnes pratiques de mobilisation de la diaspora sur le continent africain.
Claude Hakizimana
