« Le gouvernement doit faire appliquer le principe pollueur-payeur aux sociétés qui investissent dans la production des liquides et des bouteilles en plastique. Les inviter à mettre en place le mécanisme de récupérer les bouteilles vidées pour bien gérer les déchets en plastique, les livrer facilement aux entreprises de recyclage. Comme ça, le pays sera propre et le lac Tanganyika sera sain et produira beaucoup plus». Tels sont des propos d’Albert Mbonerane, expert dans la protection de l’environnement, dans une interview accordée à la presse lors des activités marquant la célébration de la Journée nationale du lac Tanganyika, édition 2026. Cette Journée se célèbre le 22 juillet de chaque année mais, cette année 2026, les cérémonies ont eu lieu le jeudi 23 juillet sous le thème «sensibilisation-action: chasse aux déchets plastiques », et ont été marquées par des activités d’assainir les rives du lac Tanganyika.

M. Mbonerane indique qu’aujourd’hui, quand on voit la situation, la santé du lac avec les déchets de toute sorte qui s’y jettent, ce sont les gens eux- mêmes qui polluent le lac Tanganyika. La santé de cette dernière n’est pas bonne et par conséquent, la santé humaine devient fragile. « Même si on dit que la Regideso traite cette eau du lac Tanganyika, explique-t-il, ça va coûter cher. Dans les années 1980, exemplifie-t-il, le point de captage des eaux que nous consommons, était seulement à un kilomètre 800m. Depuis 1990 jusqu’aujourd’hui, la Regideso capte l’eau à 3 km 500m. Si nous continuons à polluer le lac, nous risquons d’atteindre la limite avec le Congo parce que la limite c’est à 5km ». L’autre conséquence de la pollution du lac et que les poissons fuient. Il faut alors, souligne-t-il, que tout un chacun sache que le lac Tanganyika c’est vraiment un trésor que Dieu nous a donné. Heureusement, les Burundais commencent à comprendre que leur cohabitation pacifique avec le lac est le gagnant-gagnant. « Quand les décideurs vont dire aux Burundais de se lever tous pour protéger la biodiversité du lac Tanganyika, en 2040, le Burundi sera un pays émergent parce que l’exportation des poissons revint à gagner des devises », souligne-t-il.
M. Mbonerane invite les pays frontaliers du lac Tanganyika comme la Zambie, la RDC , le Burundi, la Tanzanie, de se réunir pour échanger et décider ensemble , sur le débouchage de la rivière Rukuga car, c’est le seul chemin étant donné que la situation à Kalemie est déplorable, l’eau est stagnante.
Protéger l’environnement revient à promouvoir notre santé
Jean Girukwishaka, directeur de l’assainissement et de l’environnement au sein du ministère de l’Environnement, de l’agriculture et de l’élevage, souligne l’importance du recyclage de ces déchets. « En collaboration avec des associations et clubs qui collectent les déchets en plastique, nous comptons sensibiliser et mobiliser la population pour la bonne gestion de ces déchets, protéger le lac Tanganyika et l’environnement en général. Avec l’installation des poubelles, la population est au courant de leur rôle. Elles sont destinées à la collecte des plastiques ». M. Girukwishaka se félicite du pas franchit dans la gestion des déchets en plastiques. Pour certains d’ailleurs, c’est un emploi. Il a invité tout un chacun à la protection du lac Tanganyika et de l’environnement en général. « Des jeunes engagés, se réjouit-il, dans des entreprises qui recyclent les déchets en plastiques, beaucoup d’acteurs engagés, etc. Toutes ces personnalités doivent travailler en synergie pour que le pays soit propre et que les déchets ramassés soient recyclés».
Donathe Ndayisenga
