Concilier l’agriculture et l’élevage est primordial pour augmenter la production car la fertilisation naturelle est essentielle pour enrichir les sols. La population qui associe l’agriculture et l’élevage augmente le rendement et elle ne perd rien dans sa récolte, même les résidus servent à nourrir les animaux. Ce sont les propos de Gérard Ngendakubwayo, chef du département de l’Environnement, de l’agriculture et de l’élevage en commune Cankuzo dans un entretien accordé au Journal « Le Renouveau du Burundi », le vendredi 3 juillet 2026.

Selon M. Ngendakubwayo, l’agriculture a toujours besoin du fumier surtout organique. Le fumier organique enrichit le sol en matière organique et améliore sa structure et libère progressivement des nutriments majeurs comme l’azote, le potassium, etc. Il a précisé que ce fumier peut provenir du compostage ou du fumier produit par le bétail. « Les cultures profitent beaucoup du fumier du bétail et encontre partie, les animaux profitent des résidus de la récolte comme aliments », a-t-il expliqué. Il a ajouté que les agriculteurs plantent du fourrage des animaux sur les courbes de niveaux. Ces plantes ont un double avantage étant donné qu’ils servent à nourrir les animaux mais aussi contribuent dans la protection de l’environnement. D’une manière générale l’utilisation du fumier et des déjections animales enrichissent le sol, ce qui contribue dans l’augmentation de la production.
M. Ngendakubwayo a souligné également que l’agriculture et l’élevage sont intimement liés car les tourteaux qui servent à nourrir les bétails proviennent des dérivés issus de la transformation des produits agricoles. Ce sont entre autres le son de riz, les tourteaux palmistes, le son de maïs, etc. Il a souligné que beaucoup de ménages ont compris l’importance d’associer l’agriculture et l’élevage. « La majorité des ménages pratique l’élevage que ce soit le bétail ou les petits animaux », a-t-il renchérit.
Un accent mis sur le fumier organique
Selon M. Ngendakubwayo, grande différence s’observe entre les ménages qui associent l’agriculture et l’élevage et ceux qui pratiquent l’agriculture seulement. Pour la première catégorie, leur exploitation reste fertile, d’où l’augmentation de la production agricole et l’élevage à son tour profite du fourrage issu de l’agriculture.
M. Ngendakubwayo a indiqué que la population est sensibilisée sur l’importance de l’usage du fumier organique en vue d’augmenter la production. Une campagne de creusement des compostières est un exemple éloquent qui montre l’accent particulier mis au fumier organique. « Des descentes ont été faites sur toutes les collines pour sensibiliser la population sur l’importance des compostières », a-t-il renchérit.
Anicet Kubwimana, un cultivateur témoignage que l’association de l’agriculture et l’élevage a un impact positif en ce qui concerne l’augmentation de la production agricole. Il a laissé entendre que sa productivité a augmenté quand il a commencé à associer ces deux activités. « Au début, j’achetais du fumier organique naturel chez éleveurs mais j’ai réalisé qu’il est nécessaire de concilier ces deux activités », a-t-il témoigné. Pour notre source, le rôle des déjections animales est primordial dans la fertilité du sol. Il a remercié le gouvernement du Burundi à travers le ministère en charge de l’agriculture et de l’élevage sur les efforts fournis à travers les sensibilisations concernant l’utilisation du fumier organique.
Fidès Ndereyimana
