La période électorale se caractérise souvent par des mésententes entre les membres des différents partis politiques. Il arrive qu’ils se lancent des injures ou se regardent en chiens de faillance. Quels sont les messages de haine souvent utilisés ? Quelles en sont les conséquences ? Comment lutter contre l’intolérance politique qui s’observe entre les membres des différentes appartenances politiques ?
Ijambo ryiza ryubaka ikibano

Pour le secrétaire communal du parti CNDD-FDD en commune Mwaro, Asman Niyonkuru, il ne s’observe plus de mésententes entre les membres des différents partis politiques dans la commune qui lui a été confiée, pendant la période électorale. Il indique que la période électorale arrive au moment où les membres de son parti politique sont déjà préparés sur le comportement qui doit les caractériser les avant, pendant et après les élections. « Aujourd’hui, tous les partis politiques sont convaincus qu’ils doivent cohabiter dans cette diversité pour construire un avenir meilleur », affirme-t-il.
Il fait savoir que ce mauvais comportement était dû au fait que certains jeunes n’avaient rien à faire et se contentaient de rester sur les ligalas en buvant des boissons prohibées au lieu de se mettre au travail. Dans ce cas, il est facile pour les politiciens de les exploiter. « Si tu n’a rien à faire et que quelqu’un te donne à boire, il te manipule comme il veut. Mais, du moment que beaucoup de jeunes ont changé de mentalité et ont accepté de s’atteler aux différentes activités pouvant contribuer dans le développement économique du pays, même si tu viens leur dire que tu vas leur donner à boire, ils te diront qu’ils savent quoi faire », explique M. Niyonkuru en affirmant que les mésententes ou l’intolérance politique entre les membres des différents partis politiques ont des conséquences néfastes notamment les violences, les tueries, etc.
Pour lutter contre cette intolérance politique, le secrétaire communal du CNDD-FDD, s’engage à servir d’exemple dans la sensibilisation des membres de son parti politique sur les avantages de bien cohabiter malgré leurs différentes appartenances politiques. « Les membres des partis politiques ne devraient pas être des ennemis. Ce sont des voisins qui doivent avoir besoin les uns des autres dans toutes circonstances. Ils doivent s’occuper des travaux rentrant dans le cadre du développement au lieu de suivre les politiciens qui les utilisent dans des actes de violence », a-t-il révélé en conseillant aux électeurs de se lever tôt le jour du scrutin et de retourner dans leurs activités quotidiennes après avoir élu leurs dirigeants.
Eviter les messages de haine
Pour Thérence Manirambona, porte-parole du parti CNL, il fait savoir que dans son parti, il n’y a pas de mots blessants. « Lorsqu’on crée un parti politique, on se fixe l’objectif de diriger le pays. Et si on décide de gouverner, on le fait pour tout le peuple burundais. Dans notre parti, nous enseignons le respect mutuel et nous inculquons aux partisans l’esprit de choisir les projets qui conduisent le pays au développement durable. Si on appelle les membres du parti à la violence, on passe en dehors de l’objectif qu’on s’est fixé. Les actes de violence sont souvent faits par quelqu’un qui n’a pas réalisé de projets. Dans ce cas, il doit chercher les mots à utiliser pour casser les autres. Je me souviens qu’un jour j’ai rencontré un membre de notre parti qui a été torturé à Muyinga juste pour le fait qu’il n’est pas du parti au pouvoir. On dit souvent, ibipinga, hongora injavyi et tout cela constitue des messages de haine qui incité à la violence et à la méfiance. Les voisins doivent s’entraider mutuellement. C’est pour cette raison que les partis politiques doivent enseigner particulièrement à leurs membres et au peuple burundais en général comment vivre dans la diversité », a-t-il indiqué en interpellant les politiciens d’élaborer des projets d’intérêts publics afin de gagner la confiance des électeurs. Il a conseillé aux citoyens de prendre leurs collines d’origine comme un berceau commun et de ne pas céder à l’exploitation des politiciens.

Pour Jeanne Hatungimana, une femme commerçante du quartier Kanyari, elle a fait savoir que l’intolérance politique s’observe surtout chez les hommes parce que ce sont eux qui ont suffisamment du temps pour militer dans les partis politiques. Elle a rappelé que chacun citoyen a le droit d’élire librement un candidat de son choix. Par conséquent, Mme Hatungimana demande à tous les peuples burundais de cohabiter dans la paix et la sécurité afin de développer le pays ensemble. Elle conseille plutôt aux politiciens de créer un climat d’entente entre les membres des différents partis politiques afin qu’ils puissent facilement vaquer à leurs activités quotidiennes.
L’exploitation de la jeunesse, un défi majeur

Quant à Yvan Akimana, un des jeunes rencontré dans la ville de Bujumbura, il fait savoir que la période électorale est un moment délicat où tout le monde devrait attention pour ne pas tomber dans un gouffre. « Les jeunes surtout, constituent une population cible des politiciens. Chacun parti politique veut gagner les élections à tout prix en passant par la violence. Ce genre de comportement doit avoir un impact négatif, non seulement sur la cohésion sociale, mais également sur le développement économique du pays. Je tiens à interpeller la population jeune de rester concentrée sur leur travail au lieu de se laisser distraire par les politiciens qui, après les avoir exploité, s’asseyent ensemble pour partager un verre alors que les jeunes se détruits », a indiqué M.Akimana en conseillant aux jeunes d’assister à la politique avec des limites.

Pour Josué Uwimana, un jeune pasteur de l’Eglise Horeb Temple de Kinama, il propose aux politiciens d’inculquer dans leurs membres un esprit d’amour et de patriotisme, la volonté de travailler pour le développement du pays. Il indique que l’intolérance politique entre les membres des différents partis politiques surtout pendant la période électorale peut constituer, elle-même, un facteur de déstabilisation du pays. « Les églises aussi doivent jouer un role prépondérant dans la promotion de la libre expression pour que les gens vivent dans l’harmonie avec une vision de développer le pays », a-t-il conclu.
Olivier Nishirimbere
