Le coordonnateur du projet Merankabandi II, Michel Nyabenda, a animé, le vendredi 26 juin 2026, une conférence de presse au chef-lieu de la commune Karusi, en province de Gitega. Cette rencontre avait pour objectif de présenter le bilan à mi-parcours de la deuxième phase du projet. Au regard des réalisations enregistrées depuis son lancement en 2022, il s’est dit satisfait des résultats atteints. Il a mis en avant les perspectives qui permettront d’étendre davantage les acquis en matière d’appui financier et d’accompagnement des ménages les plus vulnérables. Ces actions se poursuivront jusqu’à la clôture du projet prévue en 2029 et son insertion dans les structures étatiques pour la pérennisation

( photo :Amédee Habimana)
Selon M. Nyabenda, le projet Merankabandi II s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre du Plan national de développement (PND) 2018-202, en contribuant au renforcement du capital humain, conformément au deuxième pilier de la Vision du Burundi, pays émergent en 2040 et développé en 2060.
Il a rappelé que le projet Merankabandi constitue aujourd’hui l’un des principaux programmes nationaux de protection sociale. Contrairement à la phase pilote, qui s’étendait de 2017 à 2022 et concernait essentiellement les filets sociaux dans quelques provinces, cette deuxième phase couvre désormais l’ensemble du territoire national, soit les 3 044 collines et quartiers du pays.

« Le projet intervient dans toutes les dimensions de la protection sociale, notamment la protection, la prévention, la promotion ainsi que la transformation sociale », a précisé M. Nyabenda. Il a indiqué que le projet cible 250 000 ménages, soit environ 1 250 000 personnes. Pour atteindre ces objectifs, un budget global de 200 millions de dollars américains, financé par la Banque mondiale, est déjà mobilisé. M. Nyabenda a toutefois signalé que le coût total du projet jusqu’à son terme, en 2029, est estimé à 279 millions de dollars américains, ajoutant que le financement complémentaire est attendu prochainement.
Consolider les capacités des ménages et renforcer leur résilience
Parmi les principaux objectifs poursuivis, M. Nyabenda a cité le renforcement des capacités de gestion des programmes de protection sociale, leur extension à l’échelle nationale ainsi que la promotion de l’inclusion productive afin d’améliorer durablement la résilience économique des ménages burundais. Il a également souligné que l’inclusion constitue le cœur du projet, notamment pour répondre efficacement aux situations d’urgence provoquées par différentes catastrophes naturelles ou humanitaires. Il a précisé que le projet prend également en compte les populations les plus vulnérables, notamment les habitants des cinq camps de réfugiés, les communautés d’accueil ainsi que les rapatriés.
M. Nyabenda est revenu sur la phase pilote menée entre 2017 et 2022. Celle-ci concernait 247 collines réparties dans les anciennes provinces de Gitega, Kirundo, Karusi et Ruyigi. Fort des résultats obtenus, le gouvernement et ses partenaires ont décidé d’étendre progressivement le programme à tout le pays afin de permettre à un plus grand nombre de ménages vulnérables de bénéficier des différents mécanismes de protection sociale.
Bien plus que des transferts monétaires
M. Nyabenda a insisté sur le fait que le projet Merankabandi II ne se limite pas à l’octroi d’une aide financière. « Le projet accompagne les bénéficiaires dans plusieurs domaines essentiels afin de leur permettre d’accéder progressivement à une autonomie économique durable », a-t-il expliqué.
Ainsi, en plus des transferts monétaires et de la mise à disposition d’un téléphone portable pour faciliter les opérations, les ménages bénéficient de formations sur la santé, l’hygiène, l’assainissement, la nutrition, le développement intégré de l’enfant ainsi que la protection de l’enfant.Cette approche intégrée prépare les bénéficiaires à développer des activités génératrices de revenus grâce au financement de microprojets, avec pour objectif d’assurer leur sortie progressive de la dépendance vers l’autonomisation économique.
M. Nyabenda a précisé que chaque ménage bénéficiaire reçoit 72 000 FBu tous les deux mois, pour un total de douze transferts durant son cycle d’accompagnement.
Présentant les principales avancées institutionnelles, M. Nyabenda a indiqué que le projet contribue également à moderniser la gestion de la protection sociale au Burundi. A ce titre, un Système d’information de gestion (MIS) modernisé a été déployé au sein du Data center du gouvernement burundais. Parallèlement, les opérations d’enregistrement au Registre social unique (RSU) se poursuivent. A ce jour, 249 671 ménages issus des zones ciblées y sont déjà inscrits sur une cible finale de 290 000 ménages, a-t-il précisé. S’agissant de la sélection des bénéficiaires, M. Nyabenda a expliqué que celle-ci repose principalement sur un processus participatif au niveau communautaire. En revanche, lors des interventions d’urgence liées aux catastrophes, les critères sont adaptés afin que toutes les personnes affectées puissent bénéficier de l’assistance nécessaire.
Consolider les acquis et intégrer le programme dans les structures étatiques
Répondant à la question portant sur les perspectives, M.Nyabenda a indiqué que les prochaines années seront consacrées à trois axes majeurs, notamment accompagner durablement les ménages bénéficiaires vers leur autonomie économique, pérenniser le dispositif des filets sociaux au sein des structures de l’État tout en consolidant le Registre social unique(RSU), et poursuivre la mise en œuvre de la phase II notamment à travers les Travaux à haute intensité de main-d’œuvre (THIMO).
D’après M. Nyabenda, Merankabandi II dépasse largement le cadre des simples transferts monétaires. « Le projet construit une résilience communautaire face aux chocs socio-économiques », a-t-il affirmé, précisant que l’objectif des années 2022-2027 est de consolider les acquis de la phase pilote et de les étendre efficacement sur l’ensemble du territoire national afin de garantir la durabilité sociale des impacts du programme.
Amédée Habimana
