L’enseignement de la paix et du pardon au cœur des échanges
Dans le cadre de ses consultations avec différentes couches de la population burundaise visant à renforcer la participation de tout un chacun au processus de la reconstruction nationale, la Commission vérité et réconciliation (CVR) a réuni, le jeudi 4 juin 2026, dans la capitale politique Gitega, les responsables de l’Eglise anglicane du Burundi. L’enseignement de la paix et du pardon ainsi que la réconciliation nationale étaient au centre des échanges.

Dans son discours d’ouverture, le président de la CVR Pierre Claver Ndayicariye a rappelé que cette rencontre s’inscrivait dans la mission confiée à la commission, celle de chercher la vérité sur les tragédies qui ont marqué l’histoire du Burundi et de promouvoir la réconciliation entre les burundais. Selon lui, la vérité sur les évènements douloureux du passé constitue une étape indispensable pour permettre aux citoyens de sortir du ressentiment et des divisions héritées des crises successives.
M. Ndayicariye a souligné que la vérité établit des bases solides pour la reconstruction et favorise le rapprochement entre les personnes autrefois opposées. Il a également indiqué que les responsables religieux sont appelés à enseigner et à promouvoir la paix au sein des familles et des communautés chrétiennes.
Face aux blessures encore présentes dans la société burundaise, M. Ndayicariye a exhorté les responsables de l’Eglise anglicane à poursuivre leur mission spirituelle en aidant les fidèles à surmonter les traumatismes hérités du passé. Il a ainsi invité les auteurs d’actes répréhensibles à reconnaître leurs fautes et à demander pardon, tandis que les victimes sont encouragées à cultiver l’esprit de pardon, afin de favoriser une réconciliation durable entre tous les Burundais.
Contribuer dans la réconciliation nationale
Au cours des échanges, les responsables de l’Eglise anglicane du Burundi ont souligné que la mission de réconciliation ne doit pas être considérée comme une simple action de l’Etat, mais plutôt comme une vocation spirituelle inspirée par les enseignements divins.
Ils ont ainsi indiqué que, pour l’Eglise anglicane du Burundi, la réconciliation constitue une mission fondamentale confiée par Dieu. Selon eux, la bible elle-même repose sur les principes de réconciliation et de rapprochement entre les hommes. «Réconcilier les personnes fait partie intégrante de notre ministère», ont-ils affirmé, réitérant ainsi leur disponibilité à contribuer au processus de réconciliation nationale.
L’impartialité, une condition essentielle pour restaurer la confiance et soulager les victimes
Par ailleurs, ces représentants de l’Eglise anglicane ont invité la CVR à mesurer pleinement l’importance de la mission qui lui a été confiée, notamment celle de réconcilier les Burundais et d’accompagner les victimes dans la recherche des solutions liées aux biens spoliés durant les différentes crises qu’a connues le pays.
Ils ont insisté sur la nécessité pour les membres de la CVR, de faire preuve d’intégrité, d’impartialité et de probité morale dans l’accomplissement de leur mission. Selon eux, les décisions rendues par la CVR revêtent une importance particulière dans la mesure où elles contribuent à panser les blessures du passé et à restaurer la confiance entre les citoyens. Par contre, toute forme de partialité risquerait, non seulement d’accentuer les souffrances des victimes déjà éprouvées par les tragédies du passé, mais aussi de compromettre les efforts visant à instaurer une réconciliation durable au sein de la société burundaise.
Eric Sabumukama
