Elle est indispensable
La diaspora burundaise joue un rôle prépondérant dans la promotion des sports en général et du basketball en particulier. Elle peut contribuer dans la détection des jeunes talents, dans l’organisation des camps d’entrainement, dans le développement du basketball des jeunes, pourquoi pas dans la mise en place des infrastructures sportives. Cela ressort d’une interview exclusive avec Patrick Bizindavyi, un amateur du basketball vivant au Canada et chargé de la commission Diaspora au sein de la Fédération de Basketball du Burundi (Febabu), le lundi 1 juin 2026.

« Nous avons été invités par la Febabu( fédération de basketball du Burundi) dans la cadre de la Commission diaspora . Parmi mes responsabilités, il y a la tâche de développer des partenariats. Donc, j’ai approché Tyrus Thomas (ancien joueur de Chicago Bulls de la NBA et Lakeitha Poole (Docteur Psychologue) et ils ont accepté de venir pour faire l’inventaire des besoins à tous les niveaux : administration, arbitres, entraineurs, formation des jeunes, ressources matérielles, etc. On vient, alors, de passer dix jours en train de regarder, d’assister, de visiter, de prendre note et comme ça à notre retour en Amérique du Nord, on va mettre en place un plan où on va exécuter tout ce qui est en rapport avec les formations ou bien des besoins matériels. L’idée c’est de développer un plan ambitieux quitte à avoir une équipe nationale solide capable de représenter le Burundi aux Jeux olympiques de 2032», a indiqué M. Bizindavyi.
Parmi les actions menées durant leur visite, Patrick Bizindavyi cite les descentes sur terrain deux weekends de suite pour assister aux matchs de la l’ABL (Amstel basketball league), afin de voir tous les acteurs en action ; les joueurs, les entraineurs, les arbitres, les administratifs, etc. Mais, au courant de la semaine, indique-t-il, on a fait des rencontres avec certains coachs pour discuter sur leurs besoins et avoir leurs opinions sur là où ils en sont et là où ils aimeraient être, après quoi, on a fait une rencontre avec 44 arbitres dont les commissaires pour faire la même chose avant de rencontrer certains partenaires potentiels pouvant avoir un impact sur le sport et la communauté parce que, on veut créer un écosystème où tout le monde est partenaire.
Différentes institutions visitées
« Nous avons été reçus en audience par Madame le ministre en charge des sports, Lydia Nsekera ; nous avons effectué une visite au bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), parce que la santé c’est quelque chose de très important surtout la santé mentale qui est l’expertise de Mme Poole et nous avons visité l’ambassade des Etats-Unis pour voir comment on peut travailler ensemble dans le cadre du développement des jeunes. On a visité l’école des enfants autistes ; on a visité le centre de l’ANSS pour tout ce qui est de l’intervention auprès des personnes affectées et infectées par le VIH/Sida pour voir comment tous ces éléments peuvent contribuer au développement de la communauté en passant par le sport. On a fait une rencontre avec le comité exécutif de la Febabu et les représentants des équipes affiliées à la fédération pour discuter comment mettre en place des plateformes de formation pour les arbitres et les entraineurs », énumère-t-il en précisant que les journalistes des sports ne sont pas épargnés de ce programme parce que ce sont des acteurs indispensables dans la promotion des sports en général et du basketball en particulier.

Constituer une équipe nationale à l’inspiration du Soudan du Sud
« Quand on m’a confiée les fonctions au sein de la Febabu en tant que président de la Commission diaspora, j’ai commencé à contacter les gens du Canada, des Etats-Unis, de l’Angleterre, de la Belgique, de la France, etc. pour faire l’inventaire des jeunes basketteurs burundais qui sont à l’étranger. Il y a des tournois destinés aux jeunes . Nous allons, donc approcher les responsables des équipes dans lesquelles ces jeunes évoluent pour leur demander de nouslaisser faire l’inventaire des jeunes burundais qui participent dans ces tournois. Après, on va voir comment mettre en place un programme de développement toujours dans la perspective de former une équipe nationale solide capable de bien défendre les couleurs nationales. L’exemple que je peux donner est celui du Sud-Soudan qui a participé aux derniers Jeux olympiques mais, aucun des joueurs n’habite au pays. Ils habitent aux Etats-Unis, en Australie, en Angleterre mais, ils les ont rassemblés pour faire une équipe nationale du Sud-Soudan qui a très bien joué. Nous pouvons nous inspirer du président actuel de la Fédération sud-soudanaise de basketball, Luol Michael Deng, ancien coéquipier de Tyrus Thomas au Chicago Bulls qui a mis en place cette stratégie de rassembler les jeunes évoluant dans différentes équipes de l’étranger, pour préparer nos jeunes aussi. Nous pouvons même rêver d’organiser un tournoi entre les jeunes de la diaspora contre les jeunes locaux », a-t-il promis. Il a confié qu’il est en train de parler avec ses confrères de Canada et ils comptent inviter Tyrus Thomas à la fin du mois de juillet. Il a précisé que ce partenaire va rencontrer les jeunes burundais vivant au Canada et comme ça, il va détecter leurs talents, afin de mettre en place un programme pour eux. «”Avec les contacts de cet expert avec lequel on est en train de travailler, on veut créer un système de bourses pour donner l’occasion aux jeunes joueurs burundais comme on l’a déjà fait pour un certain Albert Philippe Ntungicimpaye. On va le faire aussi pour les coachs, les arbitres et les journalistes des sports pour qu’ils puissent acquérir des connaissances leur permettant de contribuer dans le développement du basketball », a-t-il affirmé en indiquant qu’avec les contacts de Tyrus Thomas, on veut donner la chance à 2 ou 3 jeunes par an. Mais, pour y parvenir facilement, M. Bizindavyi conseille aux jeunes de se munir de toutes les informations nécessaires notamment la taille, l’âge, le poids, les vidéos, etc. Parmi les défis, les visiteurs ont détecté le manque des infrastructures sportives et par là, M. Bizindavyi a garanti qu’il va toujours chercher des partenaires pour qu’on puisse ériger une salle de jeu couverte bien sur avec l’appui des pouvoirs publics
Se servir d’une inspiration
Concernant le jumelage, notre interlocuteur a fait savoir que les Raptors de Toronto viennent de mettre en place une académie de basketball pour les filles. Donc, indique-t-il, ils acceptent de faire ce système de jumelage s’ils trouvent une équipe burundaise qui exprime ce besoin.
Lors de leur descente sur le terrain pendant deux weekends successifs, Patrick Bizindavyi révèle qu’il a été agréablement surpris par le niveau du basketball burundais même s’il y a beaucoup de choses à améliorer au niveau des habiletés surtout les réussites aux tirs. Il conseille aux joueurs burundais de s’entrainer à l’image de Tyrus Thomas. « Tyrus Thomas pouvait faire autant de tirs avec pour objectif de pouvoir marquer 500 tirs le matin, midi et soir. Donc, 1500 tirs réussis par jour.
Par conséquent, il pouvait marquer facilement des tirs ouverts parce qu’il prenait son temps pour s’entrainer” , a-t-il conclu.
Olivier Nishirimbere
