Dans un entretien accordé au journal « Le Renouveau du Burundi », le jeudi 21 mai 2026, les acteurs agricoles de la commune Kiganda tirent la sonnette d’alarme : face à la rareté des engrais chimiques dans la province de Gitega, l’heure est au compostage moderne. Entre directives administratives et exigences techniques, l’objectif est de restaurer la fertilité des sols et pour renforcer l’autosuffisance alimentaire.

Séverin Sinzobatohana, directeur provincial de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage à Gitega, donne deux semaines à chaque ménage pour mettre en place trois composts modernes. Cette mesure vise directement à compenser l’insuffisance des fertilisants industriels.
Pour optimiser le rendement, notamment de la riziculture qui exige un apport nutritif élevé. M.Sinzobatabara exhorte la population à produire massivement du fumier organique. Au-delà des intrants, il encourage vivement le regroupement des terres et le travail en coopératives. Selon M.Sinzobatabara, cette approche collective facilite l’encadrement technique, sécurise les récoltes grâce aux hangars communautaires et renforce la lutte contre les maladies de cultures.
Profitant de la saison sèche, il invite également les producteurs à tracer des courbes de niveau et à proceder aux méthodes agroforestières et fourragères comme la plantation du grevillea ou du calliandra pour protéger l’environnement.
L’or vert du paysan : les vertus du compost
Sur le plan technique, les bénéfices de cette campagne sont majeurs. Fabrice Niyirema, chef du département de l’agriculture en commune Kiganda, explique que le compost améliore la structure et l’aération des sols, ainsi que la retention de l’eau du sol tout en stimulant la biodiversité microbienne. C’est aussi un excellent moyen de valoriser les déchets ménagers organiques. Pour diffuser ces directives, M.Niyirema indique que des communiqués ont été relayés dans toutes les églises de la commune. Il insiste sur la nécessité de former rapidement les moniteurs agricoles pour assurer le suivi.
Ce besoin de formation est pleinement partagé au niveau de la base. Ézéchiel Nizigiyimana, agriculteur local, rappelle que l’engrais chimique appauvrit la terre s’il n’est pas couplé à de la matière organique. S’il salue le retour en force du compost et déplore la transformation actuelle des fosses en dépotoirs sauvages. Le paysan réclame donc un encadrement pour maîtriser le compostage moderne : une technique propre, rigoureuse et rapide, indispensable pour un développement durable.
Jean Marie Ndayisenga
