« L’écoute empathique et neutralité bienveillante en pratique psychique est le cœur de l’alliance thérapeutique. Sans cela, la personne ne s’ouvre pas, surtout sur les ténèbres invisibles », cela ressort d’un entretien que nous a récemment accordé Noël Kwizera, représentant légal de l’Association pour la promotion de la santé mentale (APSM).

L’apport du psychologue dans la relation médecin-patient est essentiel pour replacer l’humain au cœur des soins. « Il offre un espace de parole sécurisant, aide à surmonter l’anxiété liée à l’annonce d’un diagnostic, et désamorce les incompréhensions, favorisant ainsi une meilleure adhésion du patient à son traitement. Comprendre ce que l’autre ressent, a-t-il souligné, comme si tu étais à sa place, sans te perdre en lui, lui donner des conseils rapides, le laisser raconter son histoire est beaucoup thérapeutique. Le patient se sent vu. Le cerveau passe du mode danger au mode sécurité, et l’accès aux traumas devient possible.
Pour lui, il faut accueillir sans juger, sans prendre parti, sans imposer les valeurs d’autrui. Mais, a-t-il ajouté, avec une vraie préoccupation pour le bien de la personne. Une personne qui a vécu abus, honte, rejet, a-t-il exemplifié, a déjà été jugée et rejetée. Si elle sent le jugement chez toi, elle se ferme définitivement. La neutralité bienveillante recrée un espace sûr.
Pour l’amélioration de l’adhésion thérapeutique, a-t-il également dit, un patient écouté et psychologiquement apaisé comprend mieux sa pathologie. « Le soutien psychologique prévient le refus de traitement, le déni ou l’abandon des soins. Et pour le soutien à l’équipe médicale, le psychologue constitue un relais précieux pour le médecin ». Et de renchérir qu’en prenant en charge la souffrance psychique (anxiété, dépression), il permet au médecin de se concentrer sur la dimension somatique, tout en évitant l’épuisement professionnel des soignants. M. Kwizera a aussi indiqué que cette complémentarité permet une prise en charge globale, prenant en compte le patient dans ses dimensions somatique et psychologique.
Donathe Ndayisenga
