La CVR (Commission vérité et réconciliation) a organisé, du 11 au 12 mai 2026, au chef-lieu de la capitale politique Gitega, un atelier de deux jours à l’intention des responsables de l’église adventiste du septième jour. Cette réunion vise à échanger sur le rôle et la contribution de cette confession religieuse au processus de réconciliation nationale et cohésion sociale au Burundi.

Dans son discours d’ouverture, le président de la CVR, Pierre-Claver Ndayicariye a rappelé que la CVR accorde une attention particulière aux personnes touchées physiquement et moralement par les crises, des massacres et injustices qui ont endeuillé de nombreuses familles burundaises durant les périodes difficiles traversées par le pays.
S’adressant aux dirigeants de l’église adventiste du septième jour, M. Ndayicariye les a exhortés à sensibiliser davantage les fidèles afin qu’ils deviennent des modèles exemplaires au sein de leurs communautés. Selon lui, plusieurs personnes ayant commis des torts envers autrui vivent encore dans la société, d’où la nécessité de renforcer les enseignements fondés sur la parole de Dieu et le respect de la vie humaine. Le président de la CVR a insisté sur le fait que la vie est un don divin et qu’aucun individu n’a le droit de l’ôter à son prochain. Il a également souligné que les Burundais aspirent avant tout à deux choses essentielles : la paix du cœur et celle du corps.
Pour lui, l’éducation des enfants à la culture de la paix demeure indispensable. Il a ajouté que la Vision d’un Burundi émergent en 2040 et développé en 2060 ne pourra être atteinte sans une véritable réconciliation nationale fondée sur le pardon mutuel et la cohabitation pacifique de tous les citoyens, sans exclusion.
La CVR impliquée dans le règlement des conflits des terres et autres biens
Au cours de cet atelier, les membres de la CVR ont présenté les réalisations déjà accomplies par cette institution dans différentes provinces du pays, notamment les enquêtes de vérité et les activités de réconciliation et de rapprochement entre les victimes et auteurs des violences passées. Selon M.Ndayicariye, pour rendre complet le processus de vérité et réconciliation la CVR s’est vu confier une autre mission liée au règlement des conflits des terres et autres biens résultant des crises qu’a connues le Burundi. Dans cette mission, la CVR intervient comme médiatrice entre les parties en conflit afin de favoriser le dialogue et la réconciliation.

Des éclaircissements sur les dossiers hérités de la CNTB
Les participants ont soulevé plusieurs préoccupations liées au transfert à la CVR des dossiers autrefois traités par la CNTB (Commission nationale des terres et autres biens), notamment les cas dont les décisions n’avaient pas encore été exécutées.
Répondant à ces interrogations, le président de la CVR , M. Ndayicariye a précisé que les maisons et terres figurent parmi les priorités dans le processus restitution des biens spoliés, rappelant que la CVR a également reçu une mission de réhabilitation et de restauration du tissu social.
Concernant les dossiers déjà jugés par la CNTB mais restés sans exécution, il a indiqué que les concernés doivent soumettre leurs documents à la CVR. Lorsque les conclusions des enquêtes de la CNTB concordent avec celles de la CVR, les décisions sont exécutées. En revanche, lorsque les deux versions divergent, la CVR mène ses propres investigations avant de prendre une décision finale.
S’agissant de la sécurité des personnes bénéficiaires des restitutions, le président de la CVR a affirmé que lorsqu’il est établi qu’une maison ou une parcelle appartient à une autre personne, celui qui refuse de quitter les lieux s’expose à des poursuites pour rébellion contre l’Etat, conformément aux dispositions du code pénal burundais.
Eric Sabumukama
