
Dans la poursuite de la campagne de rendre publique les premières décisions de la CVR sur les terres et autres biens spoliés pendant les crises qui ont sévi au Burundi, la Commission Vérité et réconciliation (CVR) s’est rendue dans la commune de Gitega de la capitale politique du Burundi, le mercredi 6 mai 2026. Tout près du marché central de Gitega, le président de la CVR, Pierre Claver Ndayicariye a fait savoir que la Commission publique est en train de rendre les premières décisions prises sur les litiges des terres et autres biens spoliés pendant les crises du passé.
Le président de la CVR a d’abord rappelé les bases légales sur lesquelles la Commission s’est basée pour enquêter et prendre les décisions sur les événements douloureux que le Burundi a traversés. Il a ainsi fait savoir que la loi du 28 mai 2024 régissant la Commission Vérité et réconciliation ainsi que le procès du 28 avril 2023 supprimant tous les jugements rendus pendant les crises cycliques qui ont sévi le Burundi dans le passé donnent toutes les prérogatives à la Commission de chercher la vérité sur les terres et autres biens spoliés pour afin rétablir les victimes dans leurs droits.
Pierre Claver Ndayicariye, appuyé par les commissaires de la CVR dont Amié Joseph Kimararungu et Léa Pascasie Nzigamasabo a alors passé à la lecture des décisions prises par la Commission sur 9 litiges de propriété, enregistrés par la Commission.
Concernant ces litiges, la CVR s’est d’abord réjouie de déclarer que parmi les personnes en conflit, certaines ont décidé de régler le conflit par arrangement à l’amiable. Le président de la CVR a ainsi interpellé les Burundais a priorisé cette bonne pratique qui est pour lui essentielle pour faire asseoir la paix et la réconciliation au Burundi. Il a aussi fait savoir que les enquêtes de la Commission ont été faites sur base des documents attestant l’originalité et que les décisions ont été prises en session plénière de la Commission conforment à la loi. Il a ainsi signalé que la CVR s’est basée sur les titres de propriété originaux car actuellement certaines propriétés sont occupées par les possesseurs.
Dans d’autres litiges tranchés par la CVR, des propriétés ont été rendu à leur vrai propriétaires dont une parcelle bâtie au centre de Gitega et une propriété de champs à Buhiga évaluée en terme de hectares, qui été jusqu’ici occupée par l’Eglise Anglicane, alors qu’elle appartenait à une autre famille. Un autre litige concernait une propriété qui opposait un tier et l’Eglise méthodiste unie que la CVR a renvoyé auprès des instances judiciaires habilitées car ledit litige ne fait pas partie des prérogatives de la Commission. Pour le cas des décisions prises, M. Ndayicariye a tenu de rappeler aux concernées que les décisions de la CVR sont exécutoires et non susceptibles recours.
La vérité sur les biens spoliés est le chemin pour faire asseoir la paix et la réconciliation dans pays
Pierre Claver Ndayicariye a aussi interpellé les Burundais à faire connaître la vérité sur les litiges des terres et autres biens spoliés pour rétablir les victimes dans leur droit. A ceux qui vivent dans les propriétés spoliés, le président de la CVR les a exhortés à dire la vérité à leurs enfants afin de les épargner des conséquences issues des décisions de la CVR une fois la vérité découverte. Il a également invité la population en général à minutieusement mener des enquêtes pour savoir la vérité sur les propriétés qu’ils veulent acheter. Cela dans le but d’acheter des propriétés sans litiges. Il a toutefois rappelé aux Burundais que le droit de propriété est sacré, perpétuel et absolu.
Laurent Mpundunziza
