La lutte contre l’exploitation illicite des ressources naturelles franchit un nouveau cap. Réunis dans la capitale politique, le lundi 20 avril 2026, les membres du Comité régional de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs(CIRGL) appuyés par leurs partenaires dont l’Union européenne, ont réaffirmé leur détermination à transformer ces richesses en véritables leviers de paix et de développement durable.

Ouvrant les travaux de la 32e réunion du Comité régional, qui s’étendra sur trois jours, le secrétaire permanent au ministère de Ressources minières, énergétiques, de l’industrie, du commerce et du tourisme, Martin Ndayizeye, a souligné l’importance stratégique de cette rencontre dans le renforcement de la coopération régionale.
Il a rappelé que les instruments fondateurs de la CIRGL, notamment la Déclaration de Dar es Salaam et le Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands lacs, visent à faire des ressources naturelles un facteur de stabilité plutôt qu’une source de conflits. Selon M. Ndayizeye, cette réunion constitue une étape clé pour évaluer les avancées enregistrées par les États membres, analyser la mise en œuvre des six outils régionaux de lutte contre l’exploitation illégale et envisager de nouvelles mesures, notamment dans la certification de l’or et la traçabilité des minerais.
Transparence et traçabilité au cœur des priorités
Les échanges ont porté sur l’évaluation des feuilles de route nationales, l’analyse des rapports du Secrétariat de la CIRGL ainsi que le renforcement des mécanismes d’audit et de suivi. L’objectif est clair. Il s’agit d’améliorer la transparence dans les chaînes d’approvisionnement et consolider les systèmes de gouvernance afin de lutter efficacement contre la fraude, la contrebande et l’exploitation illicite des ressources naturelles.
Dans cette dynamique, le Burundi réaffirme son engagement à promouvoir un secteur minier responsable, capable de générer des retombées économiques concrètes pour les populations.
Intervenant à son tour, le représentant de la Délégation de l’Union européenne au Burundi, Ivo Hoefkens, a salué les progrès enregistrés lors des précédentes rencontres de Nairobi et Kinshasa.
Il a insisté sur la nécessité de traduire les engagements en actions concrètes sur le terrain, à travers la mise en œuvre effective des mécanismes de la CIRGL et le renforcement des systèmes de certification et de traçabilité. Partenaire de longue date, l’Union européenne a réitéré son soutien technique et financier, notamment à travers des projets visant à améliorer la gouvernance minière, harmoniser les cadres juridiques et développer des bases de données régionales.
Les Etats membres sont ainsi appelés à transformer les engagements en résultats tangibles, au bénéfice direct des populations, dans une région où la gestion responsable des ressources reste un enjeu majeur pour la paix et la prospérité.
Amédée Habimana
