Les réfugiés congolais du camp de Busuma, dans la commune Ruyigi en province de Buhumuza, dénoncent le manque d’accès à l’éducation en raison de l’absence d’écoles. Ils considèrent cette situation comme un obstacle majeur à l’avenir des enfants. Plusieurs témoignages mettent en évidence la tristesse des enfants ainsi que le risque de désengagement et de perte de discipline. Face à cette réalité, un appel est lancé aux autorités, organisations humanitaires et partenaires afin de conjuguer leurs efforts pour garantir la reprise de la scolarisation.

Ishara Tigaana est un enfant réfugié vivant dans le camp de Busuma. Il exprime sa profonde gratitude envers les personnes de bonne volonté qui leur apportent de l’aide et du soutien en ces moments compliqués. Toutefois, il met en lumière une réalité préoccupante. Les enfants du camp n’ont plus d’accès à l’éducation, faute d’infrastructures sur place. Selon lui, cette situation constitue un véritable obstacle pour leur avenir.
Le jeune Tigaana explique que cette situation leur fait perdre l’opportunité de se construire un meilleur avenir. Il insiste sur le fait que l’éducation est un pilier indispensable pour sortir de la précarité et redonner espoir à toute une génération. Il lance un appel aux bienfaiteurs, organisations et à toute personne capable d’intervenir, afin qu’ils apportent un soutien concret à ces enfants. IshakaTigaana souhaite que des solutions soient trouvées pour leur permettre de reprendre le chemin de l’école et continuer leurs études, comme tous les autres enfants.
La prénommée Asnati est une jeune fille réfugiée vivant dans le camp de Busuma. Elle explique qu’elle a quitté la RDC (République démocratique du Congo) alors qu’elle fréquentait l’école. Malgré tout, elle reste convaincue de l’importance de l’éducation. « Nous savons que l’éducation et les connaissances acquises à l’école nous seront utiles pour l’avenir », affirme-t-elle. Elle fait savoir que l’absence d’accès à l’école dans le camp l’empêche de poursuivre ses études, ce qu’elle voit comme un grand problème. « Je regrette de ne pas avoir la possibilité de continuer mes études », confie-t-elle, exprimant à la fois sa tristesse et son inquiétude pour son avenir. Asnati lance un appel sincère aux autorités et personnes de bonne volonté d’apporter un soutien concret afin que les enfants réfugiés comme elle puissent retrouver le chemin de l’école et reconstruire leur avenir grâce à l’éducation.
Une situation qui laisse des familles impuissantes
La prénommée Neema est une femme réfugiée vivant dans le camp de Busuma. Elle observe avec inquiétude la situation des enfants. Elle explique que la grande majorité d’entre eux étaient scolarisés avant de quitter la RDC. Selon elle, ils avaient déjà pris l’habitude d’un cadre éducatif structuré et qu’aujourd’hui, cette réalité a complètement changé. « Ces enfants se retrouvent sans encadrement éducatif ce qui rend leur suivi de plus en plus difficile », signale-t-elle. Auparavant, ces enfants passaient la plupart de leur temps en classe, occupés à apprendre et se construire et que désormais, ils passent leurs journées à déambuler. Selon elle, cette situation risque d’avoir des conséquences négatives sur leur discipline, comportement et développement global.
Face à cela, Neema exprime sa profonde préoccupation. Elle rappelle que les réfugiés n’ont cessé de plaider pour la mise en place d’écoles dans le camp, afin de redonner aux enfants un cadre d’apprentissage et d’espoir. Cependant, elle regrette qu’à ce jour, aucune action concrète ne semble avoir été entreprise pour répondre à cette demande urgente, laissant ces enfants dans une situation d’attente et d’incertitude.
Le travail en synergie des ONG pourrait résoudre ce problème
Etienne Ndikuriyo quant à lui, chargé du partenariat stratégique au sein de la Croix-rouge, a signalé que cette organisation est déjà au courant que les enfants de ce camp ne sont pas scolarisés. Mais, il a indiqué qu’il y a des domaines de prédilection de la Croix-rouge du Burundi. « Par rapport à l’éducation, il y a d’autres organisations qui s’ en occupent. Si nous sommes ensemble, peut-être que la Croix-rouge du Burundi pourrait mettre à disposition une partie, par exemple, des cahiers, affaire, pour pouvoir permettre à ces enfants d’étudier », a-t-il mis en lumière. D’autres partenaires qui sont plus spécialisés dans le domaine de l’éducation pourraient faire leur partie, mais si la coordination est bonne, on peut ensemble trouver des solutions à tous ces défis qui sont posés au niveau de ce site de Busuma, a conclu M. Ndikuriyo.
Etienne Nduwimana
