A l’occasion du quarante huitième anniversaire du journal quotidien « Le Renouveau du Burundi », une interview menée auprès de l’ancienne journaliste rédactrice et reporter dans ce journal, Yolande Nintunze nous relate le rôle de celui-ci dans l’intégration de la dimension genre. Elle affirme que cette intégration est une réalité dans ce médium.

( photo : Rose Mpekerimana)
« L’intégration de la dimension genre au journal « Le Renouveau du Burundi » peut être considérée comme réalité. Le Renouveau a une rubrique dédiée au genre, ce qui montre que cette dimension est prise en compte dans ses reportages quotidiens. De plus, de nombreux journalistes sont formés par les organisations qui promeuvent le genre, en l’occurrence l’association burundaise des femmes journalistes. Après la formation, ils intègrent le genre dans leurs reportages », tels sont les propos de l’ancienne journaliste, rédactrice et reporter dans le journal Le « Renouveau du Burundi », Yolande Nintunze.
Elle poursuit en disant que depuis 2006 jusqu’en 2021, trois femmes ont successivement occupé des postes de direction dans ce quotidien. En plus, plusieurs femmes ont occupé d’autres postes de responsabilité notamment les rédactrices en chef adjointes ainsi des Cheffes de rubriques. Le nombre de journalistes rédactrices est supérieur à celui des rédacteurs.
Le métier de journalisme présente des avantages et défis
Quant aux défis auxquels font face les journalistes, Mme Nintunze a parlé de la conciliation travail-famille. Le métier du journalisme est exigeant. Le journaliste peut quitter son domicile très tôt le matin et peut rentrer tard dans la nuit. Cela rend difficile l’équilibre entre leur vie professionnelle et les responsabilités familiales.
Les attentes traditionnelles liées aux rôles des femmes dans un foyer limitent les choix et les opportunités des femmes, ce qui maintient les femmes exerçant au Le Renouveau du Burundi dans une posture inconfortable. Celles qui veulent répondre aux exigences traditionnelles se trouvent privées des opportunités politiques et économiques. Au contraire, celles qui brisent le tabou sont victimes de stéréotypes et taxées d’orgueilleuses.
Notre interlocutrice mentionne que pour surmonter ces défis, les femmes journalistes doivent être solidaires, adhérer dans des organisations de défense des droits des femmes en général et celles des journalistes en particulier pour acquérir des connaissances suffisantes sur leur rôle. Les anciens doivent être des mentors pour leurs jeunes consœurs et celles-ci sont appelées à opérer des choix, judicieux et suivre de bons exemples.
« En ce qui me concerne, j’ai commencé ma profession de journaliste à la sortie du département d’histoire da l’université du Burundi. Cinq personnes méritent d’être citées comme de bons exemples à savoir feu Jean Nzeyimana surnommé Petit Jean, qui m’a accueillie en tant que Directeur et Rédacteur en Chef. Ses orientations, sa rigueur journalistique et ses encouragements m’ont permis de développer mes compétences rédactionnelles. Serges Gahungu a été mon exemple pour rédiger les sujets de société. Grégonie Ndoricimpa a joué un rôle important pour une rédaction journalistique. Alice Kwigize a toujours été une mentor pour vivre dans un monde journalistique dur et sans pitié. Floride Ndakoraniwe a guidé mes pas dans mon intégration sociale et Pascaline Biduda plaidait pour moi quand on m’envoyait chasser l’information dans un monde hostile », témoigne Mme Nintunze.
Cette source interpelle les responsables des Publications de presse burundaise (PPB) de promouvoir la parité genre aussi bien dans les contenus médiatiques, dans la promotion des femmes/ filles aux portes de prise de décision. Elles devraient encourager les plus jeunes aussi bien les femmes que les hommes à toujours viser loin et à veiller à un travail de qualité.
Rose Mpekerimana
