Au fil des mois, la physionomie de la ville de Gitega évolue progressivement. A l’entrée comme à l’intérieur de la capitale politique, les travaux de mise aux normes de la route reliant Bujumbura à Gitega s’accompagnent de nouvelles pratiques urbaines. Il s’agit d’un assainissement renforcé, une installation de l’éclairage public et une organisation plus ordonnée des abords de la chaussée. Autant de changements qui, selon les habitants rencontrés le vendredi 6 mars 2026, contribuent à donner à la ville, un visage plus moderne.

En provenance de Bujumbura, l’entrée dans la ville de Gitega offre aujourd’hui une image différente de celle observée il y a quelques années. La chaussée modernisée, les accotements mieux aménagés et la circulation relativement fluide témoignent d’un effort d’amélioration des infrastructures routières.
Dans les quartiers longeant cet axe stratégique, certains riverains observent déjà les retombées positives de ces aménagements. Rencontré à proximité de la route principale, un commerçant indique que l’organisation de l’espace s’améliore progressivement. «Avant, les abords de la route étaient souvent encombrés et poussiéreux. Aujourd’hui, on remarque que la circulation devient plus ordonnée et l’environnement s’améliore petit à petit », confie Léonidas Kantungeko, propriétaire d’une petite boutique. Pour plusieurs habitants, cette transformation contribue à renforcer l’image de Gitega comme capitale politique du pays.
Hygiène urbaine, une responsabilité partagée
La modernisation de la route s’accompagne également d’efforts accrus en matière d’hygiène publique. Dans certains tronçons de la ville, les caniveaux sont régulièrement dégagés et les dépôts anarchiques d’ordures tendent à diminuer. Les progrès restent toutefois liés à l’implication des riverains.
Selon certains citadins rencontrés dans les quartiers proches de la route, la sensibilisation des habitants joue un rôle déterminant. «Une belle route doit aller de pair avec la propreté. Si chacun entretient l’espace devant sa parcelle, la ville restera propre », estime Claudine Minani, vendeuse rencontrée dans le centre-ville. Les travaux communautaires d’assainissement organisés périodiquement contribuent aussi à maintenir cette dynamique.
Un des aspects les plus appréciés par la population reste l’installation progressive de lampadaires le long de certains axes routiers. A la tombée de la nuit, plusieurs portions de la ville, autrefois plongées dans l’obscurité, bénéficient désormais d’un éclairage public qui améliore la visibilité et renforce le sentiment de sécurité. Pour les commerçants et petits vendeurs, cette évolution favorise également la prolongation des activités économiques pendants les heures avancées. «Avec la lumière, nous pouvons travailler plus tard et accueillir des clients même le soir. Cela donne plus de vie à la ville », explique Jean Claude Ndayongeje, vendeur ambulant rencontré au carrefour du centre-ville.
Une circulation encore perfectible
Malgré ces avancées, certains habitants estiment que la modernisation de la route devrait s’accompagner d’un renforcement de la signalisation routière et d’une sensibilisation accrue des usagers. La multiplication des motos et véhicules dans la ville entraîne parfois des embouteillages et comportements imprudents. Pour un conducteur de taxi-moto rencontré dans le centre-ville, l’amélioration des infrastructures doit aller de pair avec la discipline routière. «La route est bonne, mais il faut aussi que les conducteurs respectent les règles pour éviter les accidents », souligne-t-il.
Dans l’ensemble, les habitants rencontrés reconnaissent que la mise aux normes de la route reliant Gitega à Bujumbura constitue un pas important vers la modernisation de la capitale politique. Pour beaucoup, ces transformations témoignent d’une ambition plus large de faire de Gitega, une ville moderne, propre et bien organisée, à la hauteur de son statut de capitale politique du Burundi.
Amédée Habimana
