Face à la saturation du marché de l’emploi, la jeunesse de la commune Bubanza se tourne vers l’entrepreneuriat collectif. A travers le modèle coopératif, de jeunes artisans redéfinissent l’insertion professionnelle en transformant les métiers manuels en véritables opportunités de développement local et de résilience économique.

Dans la commune de Bubanza, une coopérative de couturiers prouve que la mutualisation des ressources est une réponse concrète au chômage. Anastasie Sabushimike, responsable de la structure, affirme que l’autonomisation exige une rupture avec l’attentisme post-études. Pour elle, la maîtrise d’un métier manuel constitue une bonne opportunité de générer des revenus immédiats. Elle fait savoir que l’atelier ne produit pas que des vêtements. Il devient en effet un centre de transfert de technologies pour les stagiaires des écoles techniques.
Cependant, la solidarité ne dispense pas la rigueur. Dans un marché concurrentiel, la survie du projet dépend de la qualité. Emmanuel Irankunda, usager de ces services, souligne que la viabilité de telles initiatives repose exclusivement sur la précision technique et le respect des délais. Selon lui, c’est cette fiabilité qui stabilise la clientèle et garantit la pérennité financière du groupement.
Cette dynamique dépasse le simple cadre de l’artisanat. Jean Marie Ndoricimpaye, expert en management stratégique des projets, analyse que ces projets bancables ont un impact majeur sur le pays. Il explique que ces revenus permettent non seulement aux jeunes de subvenir à leurs besoins, mais aussi de réinvestir dans d’autres projets, créant ainsi un cercle vertueux de croissance économique.
Nécessité d’un appui
Le passage à l’échelle industrielle reste pourtant semé d’embûches. Les membres de la coopérative énumèrent des freins structurels majeurs, tels que l’obsolescence des machines et l’exiguïté des locaux. Ils interpellent les décideurs publics sur la nécessité d’un appui matériel ciblé pour augmenter la productivité et la capacité d’accueil des apprenants.
Pour que l’entrepreneuriat des jeunes s’épanouisse, l’expert et les artisans s’accordent sur un point : la nécessité d’un environnement socio-économique responsable où chaque partenaire respecte ses engagements financiers.
Jean Marie Ndayisenga
