Evaluer l’état de mise en œuvre de la réforme sur la déconcentration et la décentralisation
Le Premier ministre du Burundi, Nestor Ntahontuye a réuni, le mercredi 14 janvier 2026 dans les enceintes de la province de Bujumbura, les responsables administratifs et techniques du niveau provincial jusqu’au niveau communal dans cette province. Cette réunion ouvre une série de descentes du Premier ministre pour rencontrer les gouverneurs de provinces, les administrateurs des communes, les directeurs provinciaux, les chefs de départements communaux ainsi que leurs chefs de services afin qu’ils puissent s’imprégner de leur rôle à jouer dans la réforme, du cadre de collaboration et d’évaluer l’état de mise en œuvre des missions et de l’opérationnalisation de la réforme sur la déconcentration et la décentralisation.

Selon Nestor Ntahontuye, le Burundi ne peut pas atteindre un développement durable si les dirigeants ne savent pas comment ils sont succèdent hiérarchiquement organisés ainsi que le cahier de charges de chacun depuis la plus haute autorité du pays jusqu’au dirigeant de la cellule dans le quartier. « Vous êtes le miroir du peuple. Les citoyens agiront selon vos modèles. Prenez les devants dans les activités et projets de développement pour que la population vous emboîte les pas. La vision nationale est là, vous savez les besoins et les priorités de la population. Faites votre planification alors suivant les attentes de votre localité en respectant les textes légaux qui vous régissent. », poursuit-il.
M. Ntahontuye a saisi l’opportunité pour prodiguer des conseils aux responsables concernés. « Vous êtes des chefs d’équipe et vous êtes intellectuels. Vous savez lire et écrire. N’attendez pas que l’autorité hiérarchique vous donne des projets à réaliser et des tâches à accomplir. Il y a le décret régissant tel ou tel ministère, les directions provinciales, départements communaux jusque même dans la zone avec d’autres lois et textes juridiques d’accompagnement. Pourquoi ne pas lire les textes légaux régissant tes fonctions, puis planifier tes tâches à réaliser? Tout est informatisé, médiatisé jusqu’aux réseaux sociaux. Il est facile de télécharger tout document juridique public que l’on veut. », a-t-il conclu.
Pour les personnes nommées ou engagées dans les services zonaux alors qu’elles n’étaient pas des fonctionnaires immatriculés, Nestor Ntahontuye a rappelé qu’il y a eu une erreur administrative. « Les mesures et règles accordaient légalement la chance de recrutement aux travailleurs des anciennes provinces et communes qui sont redéployés dans le nouveau découpage administratif. Il a appelé ces gens à patienter pour résoudre leur problème de salaires car leur argent doit provenir d’un autre plan qui n’était pas budgétisé.
Sensibilisation des responsabilités et réponses aux doléances
Jean Claude Barutwanayo, directeur de cabinet à la Primature du Burundi, a expliqué aux responsables les relations entre le gouverneur et les directeurs provinciaux, celles existant entre ces derniers et les chefs de départements et services communaux ainsi que les tâches qui leur sont affectées selon le décret en vigueur depuis Août 2025.
Il a indiqué que certains chefs se sont lamentés pour avoir été conduits sous la nomination de l’administrateur communal alors qu’auparavant ils étaient nommés par le ministre de tutelle. « Est-ce que la nomination par un administrateur communal change tes compétences techniques et intellectuelles ainsi que le résultat des tâches qu’on t’a confiées?. La nomination par le ministre change ton diplôme ou augmente tes connaissances et capacités techniques attendues? Est-ce que c’est le dossier de nomination qui exerce les fonctions ou bien ce sont tes techniques et capacités de travail qui vont réaliser les attentes de la commune et du pays sur toi? », s’interroge-il.
Jean Claude Barutwanayo leur conseille plutôt de bien réaliser leurs tâches pour le bien-être du peuple burundais sans penser à l’origine de leur nomination. En ce qui est de la carence des bureaux, on a décidé que les directeurs de départements communaux et leurs chefs de services doivent occuper les bureaux des anciennes communes. «Nous sommes sûrs que les zones englobant les chefs-lieux des anciennes communes ne peuvent pas occuper tous les bâtiments qui servaient de bureaux communaux. Alors, les bureaux vides doivent appartenir aux départements et services qui ont manqué de lieu de ravail dans le nouveau découpage administratif.», a conclu le directeur de cabinet du Premier ministre.

Plusieurs sujets ont été abordés, y compris la problématique de la gestion des mines et carrières entre la commune et le ministère. La nouvelle réforme oblige le département communal des carrières de dresser le rapport et la cartographie des sites minières qui se trouvent dans la commune ainsi que la quantité produite dans les gisements en cours d’extraction. Jean Claude Barutwanayo a rappelé aux participants que c’est seulement le gouvernement qui est chargé de la gestion des mines et carrières à travers le ministère en charge des mines pour l’intérêt commun du peuple burundais.
Certains des nouveaux administratifs et chefs de différents départements et services ont soulevé la question de blocage de leurs salaires depuis le changement de leurs ministères de tutelles. Ils demandent des éclaircissements sur leur appartenance fonctionnelle et la régularisation de leurs salaires. La Primature les a tranquillisés que leur problème va bientôt être résolu. « J’espère que vos anciens ministères de tutelles ont bien gardé vos salaires comme l’on a constaté pour certains. S’il est nécessaire, on prendra d’autres dispositions en votre faveur. », a-t-il ajouté.
Médard Irambona
