Les activités du projet «Tubacandage bose» ont été ouvertes officiellement par le gouverneur de la province de Burunga, Parfait Mboninyibuka dans la matinée du mercredi 7 janvier 2026. Dans son discours d’ouverture de ces activités, le gouverneur Mboninyibuka a fait savoir que ce projet s’inscrit pleinement dans le cadre de la vision du Gouvernement du Burundi visant, à garantir le droit fondamental de chaque enfant à la santé, en contribuant à l’augmentation de la couverture vaccinale jusqu’à 95%, tout en renforçant la surveillance des maladies évitables par la vaccination (MEV).

Dans son discours, Monseigneur Onesphore Ndayizigamiye, au nom du représentant du Réseau des confessions religieuses pour la promotion de la santé et le bien être intégral de la famille (RCBIF), a fait savoir que le projet « Tubacandage bose » ambitionne, à travers la mobilisation sociale, d’assurer la vaccination de 262 enfants zéro-dose et de 1 900 enfants sous-vaccinés d’ici la fin des 16 mois de sa mise en œuvre. Cet atelier a réuni différents responsables dans le domaine de la santé œuvrant dans les commune Nyanza et Makamba qui sont concernées par ce projet en province de Burunga. Mgr.Ndayizigamiye a indiqué que le choix de ces communes n’a pas été le fruit du hasard mais que c’est à cause des résultats qui ont montré un faible tôt de vaccination par rapport aux autres régions.
«La sous-vaccination demeure un défi majeur dans nos communautés. Elle est influencée par plusieurs facteurs que nous devons reconnaître avec lucidité afin d’y apporter des réponses adaptées. Parmi ces facteurs figurent l’insuffisance d’information et de sensibilisation des parents, certaines rumeurs et croyances erronées autour de la vaccination, l’éloignement géographique de certains ménages par rapport aux structures de santé, ainsi que les contraintes socio-économiques qui limitent l’accès régulier aux services de vaccination À cela s’ajoutent parfois la mobilité des familles, la faible implication des leaders administratifs et religieux, dans certains cas, une coordination insuffisante entre les acteurs locaux. Ces réalités exigent une approche inclusive, participative et concertée, mettant à contribution l’administration, les services de santé, les leaders communautaires et religieux, ainsi que l’ensemble de la population » a fait savoir le gouverneur de la province de Burunga.
Il a ensuite indiqué qu’en misant sur la mobilisation sociale, le projet reconnaît que la vaccination ne peut pas réussir sans l’adhésion des communautés. «Votre rôle, chers administrateurs, responsables sanitaires et leaders religieux, est donc déterminant. Vous êtes des relais de confiance, des vecteurs de messages justes et des acteurs clés pour lever les barrières qui freinent encore la vaccination complète de nos enfants. Je vous exhorte à vous approprier ce projet, à en faire une priorité dans vos plans d’action respectifs et à travailler en synergie pour qu’aucun enfant ne soit laissé de côté. Ensemble, engageons-nous à combattre la sous-vaccination, à renforcer la confiance des communautés et à bâtir un avenir où chaque enfant grandit en bonne santé.», a ajouté Mgr. Mboninyibuka
Des défis barrières à la vaccination
Lors de sa présentation, Jérôme Niyongabo, médecin provincial de Burunga a exposé plusieurs défis qui font barrière à la vaccination. Il cite notamment l’insuffisance du personnel qualifié, en particulier des techniciens de promotion de la santé, les longues distances à parcourir pour accéder aux centres de vaccination, ainsi que l’irrégularité des supervisions et du suivi à tous les niveaux. D’autres défis, sont également relevés entre autres la faible implication de certains leaders politiques et religieux dans la promotion de la vaccination, l’existence de communautés réticentes, voire hostiles à la vaccination, y compris certains groupes religieux (la communauté des Batwa et Abasohoke frange des églises) et la faible appropriation du cadre de redevabilité par les acteurs administratifs et communautaires. Enfin, le manque d’information de nombreux parents et les leaders administratifs à la base sur le calendrier vaccinal, certains ignorant même l’existence des services de vaccination allonge la liste des contraintes à la vaccination. «Ces défis nous interpellent tous, en tant que responsables publics, leaders religieux, acteurs communautaires et citoyens engagés.», a fait savoir M.Niyongabo.
Léopold Maroha
