
Mgr Nzeyimana:"La dignité humaine doit etre prise en compte dans l'utilisation de différentes méthodes de contraception"
La planification familiale est une politique qui incite la population à faire face à une forte croissance démographique. Pour y arriver, la population doit espacer ou limiter les naissances. Les confessions religieuses sont totalement d’accord avec ladite politique du gouvernement. Elles demandent cependant de sensibiliser et financer toutes méthodes de contraception au même degré.
Monseigneur du Diocèse de Ruyigi en même temps représentant légal du réseau des confessions religieuses pour la promotion de la santé et le bien-être intégral de la famille, Blaise Nzeyimana dit que la position de l’Eglise Catholique est connue. « Si nous voulons nous positionner sur les méthodes de contraceptions, nous prêchons et nous encourageons à nos fidèles d’utiliser les méthodes naturelles de contraception. Nous ne pouvons pas inciter les chrétiens à adhérer aux méthodes modernes de contraception pour des raisons justifiées. Chaque fois que les gens utilisent ces dernières méthodes, ils détournent l’orientation de l’acte conjugal, qui, de nature est orienté vers la procréation. Pour ce faire, nous conscientisons les chrétiens que quand ils ne veulent pas mettre au monde, qu’ils s’abstiennent », dit Mgr Nzeyimana.
Il a précisé que l’Eglise Catholique fait la promotion des méthodes naturelles de contraception pour encourager les chrétiens à garder leur dignité. « Nous entendons des témoignages qui parlent des conséquences néfastes des méthodes modernes de contraception. C’est pour cette raison que nous voulons que les chrétiens préviennent ces méfaits sur leur santé afin qu’ils soient purifiés corps et âme », ajoute-t-il.
La conscience du chrétien est son guide
Quant aux sanctions infligées aux chrétiens catholiques qui adhèrent aux méthodes modernes de contraception, Monseigneur Nzeyimana a démentit cette fausse information en disant : « Je rappelle que l’Eglise Catholique met en avant la conscientisation des chrétiens sur les méthodes à utiliser pour garder leur dignité humaine. Mais, nous ne pouvons pas faire des enquêtes pour savoir celles ou ceux qui utilisent d’autres méthodes de contraception. C’est pour cette raison qu’aucune sanction n’est infligée à personne. Leur âme est témoin pourvu qu’ils aient reçu toutes les informations.
Concernant le faible taux de l’utilisation des méthodes naturelles de contraception au niveau nationale, Mgr Nzeyimana a signalé que les confessions religieuses doivent collaborer étroitement avec le ministère en charge de la santé publique pour chercher les moyens de promouvoir ces méthodes naturelles. Il a précisé que dans l’Eglise Catholique, il y a des actions qui sont en train d’être faites. « Dans chaque Diocèse, il y a une structure d’action familiale. Des couples ont été sensibilisés et enseignés sur les méthodes modernes de contraceptions. Ce sont alors ces chrétiens qui sont à leur tour des promoteurs de ces méthodes dans la communauté partout dans les diocèses», ajoute-t-il.
Notre source a déploré cependant que ces activités sont à un niveau embryonnaire, ils souhaitent faire davantage ces sensibilisations. « C’est dans cette optique que nous demandons au ministère en charge de la santé publique de nous appuyer afin de promouvoir les méthodes naturelles au même degré que celles modernes de contraception », mentionne-t-il.
Les parents doivent privilégier l’éducation sexuelle dès jeune âge
Quant à Cynthia Manirakiza, Pasteur à l’Eglise Holy Church du Burundi, les confessions religieuses doivent donner toutes les informations sur la planification familiale à leurs fidèles. Grâce à leur conviction, c’est à eux de choisir les méthodes de contraception qui leur conviennent pour qu’ils gardent leur corps en bonne santé. Elle réclame que l’éducation sexuelle soit enseignée depuis l’école fondamentale. Elle demande surtout aux parents de revenir sur leur tâche parentale en insistant sur l’abstinence chez les jeunes pour prévenir les conséquences néfastes causées par les grossesses non-désirées.
Sheikh Karfan de la Communauté des musulmans du Burundi (Comibu) plaide pour la crainte du péché depuis le jeune âge : « Personnellement, je suis vexé quand j’entends que des filles écolières en uniforme fréquentent l’Abubef pour demander les méthodes modernes de contraception. Cela montre que les jeunes filles d’aujourd’hui ont peur de tomber enceinte au lieu du péché. Nous devrions penser à l’éducation de nos enfants depuis le jeune âge en les enseignant de respecter les commandements de Dieu. Dans ce cas, ils peuvent opter pour l’abstinence jusqu’à ce qu’ils fondent leurs foyers », souhaite-t-il.
Notre interlocuteur dit aussi indigné des financements de certaines organisations étrangères qui exigent d’utiliser des méthodes de contraception alors qu’elles dégradent les valeurs culturelles des burundaises.
Le gouvernement du Burundi vise la promotion de toutes les méthodes de contraception pour diminuer la forte démographie
Le directeur du programme national de santé de la reproduction (PNSR), Ananis Ndacayisaba a fait savoir que le gouvernement se soucie de la forte démographie observée au Burundi. Pour y faire face, il fait des sensibilisations à l’intention de toutes les catégories sociales afin qu’elles soient conscientes de ce danger qui guette toute la population en général. Pour y arriver, par le biais du PNSR, il organise différentes réunions avec lesdites catégories en faisant la promotion des méthodes modernes et naturelles de contraception.
Ndacayisaba a précisé qu’à travers ces réunions, certaines gens ont avoué que la population à la base trouve des difficultés pour réussir l’utilisation des méthodes naturelles de contraception. Il a signalé que d’autres ont affirmé que ces méthodes sont utilisables correctement que si tous les conjoints en sont d’accord. Il a rappelé cependant qu’il y a un grand nombre des burundais qui considèrent toujours qu’un grand nombre d’enfants constitue une richesse. « Dans ce cas, si un des conjoints a cette idée, la planification familiale par l’utilisation des méthodes naturelles de contraception peut pas réussir », dit-il. Il a rappelé que quand le ministère en charge de la santé publique fait des sensibilisations sur la planification familiale, il fait la promotion des méthodes naturelles et modernes de contraception afin d’avoir un grand nombre de la population qui y adhère.
L’idéal est la promotion de l’abstinence chez les jeunes
Il saisit cette opportunité pour démentir certaines rumeurs qui taxent le ministère en charge de la santé publique de la promotion de la débauche chez les jeunes : « Quand nous organisons des séances d’informations sur la santé sexuelle chez les jeunes, nous n’avons pas l’intention d’inciter les jeunes au vagabondage sexuelle. Par contre, nous voulons que ces jeunes aient suffisamment d’informations sur leur santé sexuelle afin de prévenir les conséquences sur leur santé humaine causées par l’ignorance. J’affirme que l’idéal est la promotion de l’abstinence chez ces jeunes », ajoute-t-il.
Ndacayisaba a en outre précisé qu’il n’y a pas de torchon qui brule entre les confessions religieuses et le ministère en charge de la santé publique concernant la planification familiale. Par contre, ils mettent des efforts en commun dans l’objectif de diminuer la forte démographie au Burundi. Il a également informé que les organisations internationales n’exigent pas le gouvernement du Burundi sur les stratégies à adopter pour réussir la planification familiale. Par contre ils appuient seulement les actions déjà élaborées pour faciliter leur mise en œuvre par le gouvernement.
Rose Mpekerimana