La prière national organisée par la famille présidentielle en vue de rendre grâce à Dieu pour les six années que le président de la République du Burundi vient de passer au pouvoir, se poursuit pour sa dernière journée au stade Umuco de Muyinga en province de Buhumuza. Mgr Emmanuel Sinzohagera a, à cette occasion, dispensé des enseignements aux leaders centrés sur le leadership et la bonne gouvernance.


Dans son enseignement, Emmanuel Sinzohagera a défini le leadership comme la responsabilité d’apporter un changement positif dans la vie des autres, en les protégeant et en les guidant vers une vision commune. Il a rappelé aux dirigeants que le temps constitue un capital précieux qui doit être mis au service du bien-être des personnes dont ils ont la charge. Il souligne que l’exercice du pouvoir n’a de sens que s’il contribue à l’épanouissement de la population.
Selon lui, un bon dirigeant est, avant tout, au service des autres. Il doit savoir écouter, faire preuve d’humilité, avoir une vision claire et entretenir une relation étroite avec Dieu. Il s’insurge en faux contre un mauvais leadership, caractérisé notamment par la quête des privilèges, le refus des conseils, la volonté de tout contrôler, l’utilisation de son pouvoir à des fins personnelles, le recours à la peur comme mode de gouvernance, ainsi que le manque de redevabilité.
Un bon leader offre les opportunités de réussir
Emmanuel Sinzohagera a également souligné que le véritable leadership repose sur la sagesse, la capacité à servir les autres, l’intégrité morale et une vision traduite en actions concrètes. Il a insisté sur l’importance de la maturité émotionnelle, qu’il considère comme une qualité essentielle pour tout responsable. Evoquant les signes d’un leadership défaillant, il a cité l’orgueil, la cupidité, l’abus de pouvoir, l’incapacité à prendre des décisions justes ainsi que l’isolement dû à l’absence de conseillers véridiques.
Il a exhorté les dirigeants à servir ceux qu’ils gouvernent, à veiller au bien-être de leurs collaborateurs et à se rappeler que « le leadership est un service et une responsabilité, et non un privilège ». Il les a invités à rester ouverts aux conseils, à s’entourer de personnes franches et honnêtes, à écouter les préoccupations des citoyens et à prendre des décisions qui servent l’intérêt général, rappelant enfin qu’un bon leader est celui qui offre aux autres les opportunités de réussir et de s’épanouir.
Clovis Dusabe
