Plusieurs utilisateurs dénoncent le temps excessif passé sur les files d’attente (Photos internet)
Les abonnés indignés par des procédures à repenser
Dans différents points de service dédiés au réenregistrement, les longues files d’attente figurent parmi les plaintes les plus récurrentes. Chaque jour, de nombreux citoyens sont contraints de patienter durant plusieurs heures avant d’être pris en charge, parfois sans aucune garantie d’être servis rapidement.
Richard Nimenya, fonctionnaire rencontré à Bwiza sur une file d’attente, explique que la mesure devient contraignante en raison du temps perdu. « Je comprends l’importance de cette mesure, mais passer des heures dans une file d’attente, debout sous un soleil accablant alors qu’on a du travail, devient vraiment pénalisant. Mon employeur est mécontent car, cela fait déjà deux jours que je viens ici », se plaint-il.
M. Nimenya pointe également l’insuffisance des points de service capables de contenir l’affluence observée. « L’une des solutions serait d’ouvrir d’autres centres, afin de réduire considérablement le temps d’attente », estime-t-il.
De son côté, Alice Nininahazwe, rencontrée au kiosque Brarudi du centre-ville, évoque le manque d’informations précises concernant les délais ainsi que les procédures à suivre. « J’ai reçu un message m’informant que je devais faire le réenregistrement seulement trois jours avant la désactivation de ma carte SIM. J’ai été obligée de passer par un agent au centre-ville et payer cinq mille francs burundais alors que le service est censé être gratuit. C’est frustrant », dénonce-t-elle.
Pour elle, perdre temporairement l’accès à son numéro de téléphone peut avoir des conséquences importantes, surtout pour les personnes dépendantes du mobile money ou des communications régulières. « Le délai devrait être prolongé pour éviter les désactivations, mais aussi multiplier les points de service, afin de faciliter le réenregistrement et éviter aux citoyens de dépenser de l’argent pour un service gratuit », souligne-t-elle.
Quant à Thierry Ndayambaje, commerçant rencontré au centre-ville, il affiche une attitude plutôt détachée face à cette mesure. Selon lui, même une désactivation éventuelle de sa carte SIM ne représente pas une réelle inquiétude. « Je ne vais pas perdre mon temps à faire la queue pendant des heures pour une carte SIM. Si on la désactive, j’en achèterai simplement une autre », lance-t-il.
M. Ndayambaje explique que la raison qui le pousse à ne pas réenregistrer son numéro est qu’il l’a déjà fait à deux reprises et ne comprend pas pourquoi il devrait encore laisser son travail pour une procédure qu’il estime avoir déjà été accomplie.
Une solution plutôt qu’une sanction
De son côté, Nathan Ntahondi, expert en politiques de développement des TIC, affirme comprendre la fatigue et les frustrations exprimées par de nombreux utilisateurs face aux longues files d’attente observées dans les agences de télécommunication. Toutefois, il insiste sur l’importance pour chaque abonné de prendre cette opération avec sérieux.
Selon lui, lorsqu’une carte SIM n’est pas enregistrée au nom réel de son utilisateur avec une pièce d’identité valide, l’opérateur a l’obligation légale de procéder à sa désactivation. Une fois la ligne suspendue, le numéro cesse immédiatement de fonctionner: impossibilité de recevoir des appels ou des SMS, applications comme WhatsApp inaccessibles avec ce numéro, tandis que des services financiers mobiles comme Lumicash ou Ecocash sont automatiquement gelés jusqu’à régularisation.
Pour cet expert, le message adressé aux utilisateurs est clair. Le temps passé dans une agence, bien qu’il devrait naturellement être réduit grâce à une meilleure organisation, permet d’éviter des semaines de blocage, d’incompréhension et de stress dans le futur.
A ses yeux, cette démarche ne doit pas être perçue comme une punition imposée aux citoyens, mais plutôt comme une étape nécessaire pour mettre à jour son identité numérique. Il invite ainsi chaque utilisateur à accomplir cette tache, afin de sécuriser durablement son numéro et de mieux s’inscrire dans l’économie numérique de demain.
Eric Tuyishemeze
