Le ministre en charge de l’intégration régionale, Edouard Bizimana, a appelé, le vendredi 2 avril 2026 à Bujumbura à la mutualisation des efforts pour finaliser la mise en place effective d’un écosystème du commerce électronique au Burundi, soulignant que la réussite de ce projet pourra servir de modèle aux autres pays africains. Cet appel a été lancé lors de la rencontre d’échange sur la mise en place d’un écosystème continental du commerce électronique (E-commerce) organisée à l’intention des parties prenantes.

« Le Burundi souhaite proposer son écosystème national du commerce électronique (E-commerce) afin de servir de modèle aux autres pays africains en vue de contribuer à donner un nouvel élan aux échanges commerciaux entre pays africains », a indiqué le ministre Bizimana.
Au cours de cette rencontre avec les parties prenantes, il a été signalé différentes actions déjà accomplies dans le cadre de la mise en œuvre de cet écosystème national du commerce électronique dans le pays. Et s’il n’y a pas d’entraves pour les activités restantes, son lancement officiel est projeté au mois de juin 2026, a annoncé Samuel Muhizi, directeur général de l’ARCT (Agence de régulation et de contrôle des télécommunications). Il a précisé qu’une fois cet écosystème mis en œuvre, c’est à partir de ce moment qu’on parlera de l’existence du commerce électronique Burundi.
Soutenir la mise en place de l’écosystème national du commerce électronique
Comme il s’agit d’un projet vaste et innovant, nécessitant beaucoup de moyens, le ministre Bizimana a saisi cette occasion pour lancer un appel aux partenaires du Burundi de soutenir ce projet à tous les niveaux, tout en interpellant les parties prenantes à mutualiser leurs efforts pour la finalisation de la mise en place effective de cet écosystème national du commerce électronique. « C’est un projet à soutenir. La réussite de ce projet permettra au Burundi d’avoir une leçon à donner aux autres pays africains », a-t-il renchéri.
La réussite de cet écosystème national du commerce électronique du Burundi sera présentée comme un modèle sur le continent africain, notamment dans le cadre du projet de création d’un écosystème continental du commerce électronique, étant donné que c’est le Burundi qui assure la présidence de l’Union africaine.
Le commerce électronique au niveau africain viendra résoudre certains défis liés au manque d’infrastructures, d’interconnectivité entre les pays. « Le projet de l’écosystème continental du commerce électronique est un projet ambitieux qui contribuera à la mise en œuvre de la Zlecaf (Zone de libre-échange continentale africaine) », a poursuivi le ministre Bizimana.
Accès limité aux marchés pour les communautés rurales, parmi les défis
Bien que le commerce électronique soit une innovation importante ayant également beaucoup d’avantages pour les économies africaines, le chemin est toutefois parsemé d’embûches.
Dans sa présentation, Fernand Matendo, président de la chambre sectorielle des TIC à la CFCIB (Chambre fédérale de commerce et d’industrie du Burundi) a énuméré différents défis majeurs à l’opérationnalisation de l’écosystème continental du commerce électronique. Ce sont notamment l’accès limité aux marchés pour les communautés rurales, la prédominance du secteur informel, la faible industrialisation locale, faible connexion d’Internet, les infrastructures physiques insuffisantes (routes, ports, corridors de transport peu développés), etc.
Pour le cas du Burundi, il a été recommandé une grande coordination institutionnelle, le renforcement des capacités institutionnelles, la sensibilisation de la population pour savoir les droits et les obligations ainsi qu’un accompagnement technique et financier afin de réussir le pari de l’opérationnalisation du marché électronique dans le pays.
Claude Hakizimana
