Augmenter la production, objectif principal
Le journal « Le Renouveau du Burundi » a interviewé Adélin Niyonsaba, directeur du Bureau provincial de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage (BPEAE) de Kayanza. Cet entretien a porté sur la mise en commun des terres avec un objectif principal d’augmenter la production agricole. Cette procédure présente beaucoup d’avantages pour les agriculteurs.
«Kayanza est l’une des premières provinces à avoir exécuté le projet de mise en commun des terres, permettant ainsi aux agriculteurs de commencer à récolter les bénéfices de la culture collective. Ce projet a été initialement lancé dans des vallées. Cependant, il existe encore des divergences de compréhension sur cette pratique. Certains cultivateurs n’ont pas encore réalisé que la mutualisation des terres présente de nombreux avantages », a indiqué M. Niyonsaba.

Il a signalé que parmi les bénéfices significatifs de la mise en commun des terres, les agriculteurs ont la possibilité de bénéficier d’un soutien accru. « Ce soutien se manifeste notamment par le biais des formations dispensées par des moniteurs agricoles qui les accompagnent tout au long du processus. Ces formations leur permettent d’acquérir de nouvelles compétences et de renforcer leurs connaissances en matière de techniques agricoles », a-t-il expliqué en ajoutant qu’en unissant leurs efforts, les agriculteurs renforcent la sécurité collective contre le vol.
En effet,dit-il des champs regroupés sont beaucoup moins accessibles aux voleurs et cela contribue à protéger leurs biens.
Un suivi facile et autres avantages
«Un autre avantage de cette initiative est l’accès facile aux fertilisants chimiques ou organiques. Grâce à cette mise en commun, il devient également plus simple de suivre l’état des cultures. Lorsqu’une maladie menace les champs, ils peuvent collaborer efficacement pour mettre en place des stratégies de lutte, ce qui augmente leurs chances de succès », a-t-il martelé.
Notre interlocuteur a indiqué qu’en mutualisant leurs terres, les agriculteurs ont également l’opportunité de passer leurs commandes de fertilisants de façon beaucoup plus facile. « Cela leur permet de bénéficier des meilleures conditions d’achat. Enfin, ce processus leur facilite également l’accès à des semences sélectionnées de qualité et cela contribue à améliorer considérablement la qualité de leurs récoltes. Grâce à toutes ces initiatives, la production a doublé par rapport aux années précédentes, témoignant ainsi de l’impact positif de la mise en commun des terres sur l’agriculture locale », a fait savoir M. Niyonsaba. Ainsi, ajouté-t-il, la récolte de maïs dans la province de Kayanza a été abondante et les agriculteurs ont vendu plus de sept milles tonnes à l’Anagessa sans compter les quantités achetées par les commerçants. Cela témoigne que la mise en commun des terres favorise le développement économique et contribue à la réduction de la pauvreté grâce à l’augmentation de la production.
Il a appelé ceux qui n’ont pas encore compris les avantages de ce projet à éviter de ne pas rester en retard. Il souligne que ceux qui n’adoptent pas cette approche ne seront pas à mesure d’atteindre le même niveau de production que ceux qui ont déjà saisi et intégré les avantages de la mise en commun des terres. « En ignorant cette opportunité, ils se privent les possibilités de croissance et de développement qui pourraient transformer leur réalité agricole», a-t-il conclu.
Ange Isaline Duhezagire (Stagiaire)