Dans le cadre de la réalisation du contrat d’électrification de 129 collines autour de la ville de Bujumbura, une équipe d’experts socio-environnementaux vient d’être mobilisée pour réaliser les études d’évaluation environnementale et sociale (EIES/PGES) ainsi que le Plan d’actions de réinstallation sur 95 collines. Autour de la ville de Bujumbura, certains habitants notamment des collines Gishingano et Nyambuye se trouvent actuellement entre espoir et impatience et attendent avec ferveur la concrétisation du projet d’électrification.

D’après un document détaillé du 31 mars 2026, signé par le directeur général de la Regideso et dont la rédaction du Journal Le Renouveau s’est procure une copie, le travail a débuté à partir du mardi 31 mars 2026 et se poursuivra dans toutes les communes, zones et collines concernées jusqu’à la fin du mois d’avril 2026. Dans l’ancienne commune d’Isare, sur 16 collines qu’elle comptait avant le nouveau découpage, 14 seront électrifiés.
Cette nouvelle a tombé dans de bonnes oreilles comme le témoignent certains habitants des collines Nyambuye et Nyakibande de l’actuelle commune Ntahangwa. Anselme Bankumubano, 81 ans, habitant de la colline Gishingano, qualifie ce projet d’un tournant majeur dans le développement des communautés, longtemps oubliées. « Nous attendons depuis longtemps ce projet. Le développement est possible tant qu’il y a la vie. J’ai actuellement plus de 80 ans, à mes 40 ans je ne m’imaginais même pas que cette occasion se produira un jour ».
Notre interlocuteur semble rappeler la conviction du pasteur américain Martin Luther King, quand il disait que le parcours de mille pas commence par un pas. « Pour avoir la route, il y avait un prêtre de la paroisse Guido Maria conforti de Kamenge, connu sous le pseudonyme Buyengero [son vrai nom est le Père Joseph De Cillia, NDRL] qui a initié le projet de traçage de la route menant jusqu’à la succursale catholique de Nyambuye. J’ai participé au traçage à la main de cette route pour une douzaine de kilomètres », s’est souvenu M. Bankumubano. Et d’ajouter : « Plus tard, dans les années 2015, grâce à l’appui du président de la République à cette époque, cette route a été réhabilité, et actuellement elle relie la ville de Bujumbura à l’ancien chef-lieu de la commune Isare, à Rushubi. Maintenant, on parle de projet d’électrification ce qui autorise tous les espoirs que rien ne sera plus dans le combat pour le développement».
Même son de cloche de la part de Domitille Nahishakiye, femme habitant sur la colline Nyakibande. Pour cette dernière, si le projet se concrétise il marquera sans doute un pas décisif dans le développement de cette entité territoriale.
Quant à Albert Nduwimana, l’électrification de ces collines non loin de la ville de Bujumbura mais toujours plongé durant plusieurs décennies dans le noir, marquera un bon début qui autorise l’espoir d’une grande transformation socio-économique des habitats sur les collines autour de la ville de Bujumbura.
Un projet qui s’inscrit à l’objectif 4 de la Vision 2040-2060
L’objectif 4 de la Vision 2040, pays émergent et 2060 pays développé concerne l’augmentation, la production et l’amélioration de l’accès à l’énergie. « La production d’énergie est un préalable pour la transformation structurelle de l’économie et pour le développement durable », lit-on dans ce document national.
Il importe de rappeler que l’électrification de ces 95 collines s’inscrit dans le cadre du projet dénommé « Ascent » financé par la Banque mondiale. Selon cette institution bancaire, le projet devrait bénéficier à environ 2,4 millions de personnes, 1 200 institutions publiques et 6 000 petites et moyennes entreprises et industries grâce à un accès nouveau ou amélioré à l’électricité.
Moïse Nkurunziza
