Une fille peut facilement jouer au karaté ou à un autre art martial sans aucun problème. Des découragements ne peuvent pas manquer mais si une fille a de la passion pour les arts martiaux, elle doit atteindre son objectif. Elle joue un rôle prépondérant dans la promotion des arts martiaux. Cela ressort d’un entretien récemment accordé au journal Le Renouveau du Burundi par Sifa Alice Ishimwe, une fille qui joue au Karaté et au Taekwondo.

« Je n’ai eu aucun problème parce que j’ai grandi avec la passion des sports. Si je fais du sport et que je ne sue pas, je ne me sens bien. C’est comme si je n’ai rien fait. Je joue au karaté et au Taekwondo et ça ne me pose aucun problème parce que je sais comment organiser mon temps. Chaque chose a son temps. S’il s’agit de participer aux entrainements pour le karaté, je dois savoir que j’ai réservé un autre temps au Taekwondo », a indiqué Mlle Ishimwe en affirmant que les arts martiaux lui ont ouvert plusieurs opportunités et lui permis de nouer des relations avec beaucoup de gens que ce soit localement ou à l’extérieur du pays. « J’ai déjà participé dans beaucoup de compétitions organisée localement ou internationalement et j’ai déjà noué des relations amicales. Cela peut inspirer d’autres filles en pleine évolution », a-t-elle éclairci.
En tant qu’entraineur, Mlle Ishimwe fait savoir que les parents qui permettent à leurs enfants de se lancer dans les arts martiaux jouent aussi un rôle important dans la promotion de ceux-ci parce que ces sports préviennent l’enfant d’adopter de mauvais comportements notamment la consommation des stupéfiants ou autres actes ignobles.
« Je me sens fière d’être pointée du doigt comme quoi j’ai servi de bon exemple dans la société par des parents qui m’amènent leurs enfants pour que je puisse leur apprendre le karaté. Ils ne me sous-estiment pas parce que je suis une fille. Ils ont déjà compris que les filles sont capables de transformer la société et de briser les stéréotypes disant que, jadis, les arts martiaux étaient réservés uniquement aux hommes. Elle a terminé en disant qu’elle entretient de bonnes relations avec les fédérations avec lesquelles elle travaille.
Un levier essentiel pour le développement équilibré et inclusif de ces disciplines
Pour Bruce Gatore, secrétaire général adjoint au sein de la Febuka (fédération burundaise de karaté), il indique que la participation des filles dans les arts martiaux constitue un levier essentiel pour le développement équilibré et inclusif de ces disciplines. « Au-delà de la performance sportive, les arts martiaux permettent aux filles de développer la confiance en soi, la discipline la résilience et l’esprit de leadership. Leur implication contribue non seulement à briser les stéréotypes de genre, mais aussi à renforcer l’image des sports de combat comme outils d’éducation et d’émancipation », a-t-il expliqué en précisant que la Febuka enregistre un certain nombre de femmes actives présentes au sein du comité exécutif ainsi que dans différentes commissions (sécurité, femme et karaté, arbitrage et autres).

Il a ajouté que la Febuka enregistre aussi un nombre croissant de filles et dames dans les clubs affiliés dont environ 30 à 35 % de pratiquantes actives, bien que cette proportion varie d’un club à un autre. « L’objectif de la fédération est de continuer à sensibiliser, encadrer et valoriser davantage la participation féminine », a-t-il souligné.
M. Gatore a fait savoir qu’en général, les filles sont disciplinées, attentives et engagées. « Leur encadrement nécessite cependant une approche sensible, respectueuse de leur environnement social et de leurs besoins spécifiques. Lorsqu’elles sont bien accompagnées, elles font preuve de persévérance et atteignent des niveaux techniques très élevés. Le cas échéant est celui des athlètes de Rukinzo Karaté-do, équipe de la Police nationale du Burundi là où les filles prennent une place importante ; je dirais au même titre que les garçons. Je peux donner l’exemple de Stecie Minani qui ne cesse de se faire remarquer dans les compétitions nationales, régionales, continentales et même mondiales. Il est toutefois crucial de renforcer les programmes d’encadrement spécifiques, de promouvoir les femmes encadreuses, et de créer un environnement sûr et motivant », a-t-il indiqué.
Pour le cas de Sifa Alice Ishimwe, le secrétaire général adjoint indique c’est un exemple remarquable. « Par sa rigueur, sa progression et son comportement exemplaire, elle incarne le potentiel des jeunes filles dans les arts martiaux. Elle inspire d’autres pratiquantes et démontre que le genre n’est pas une barrière à la performance ou au leadership dans ce domaine. Son parcours doit être valorisé comme un modèle pour encourager d’autres filles à persévérer. Elle a d’ailleurs été primée lors de la compétition qui s’est déroulée à Gitega comme une fille exemplaire dans la pratique du karaté burundais et surtout comme une idole des entraineurs féminins au sein de la Febuka », a-t-il conclu.
Olivier Nishirimbere
