Malgré la conjoncture de réduction du financement de l’extérieur, le gouvernement du Burundi a priorisé les aspects par rapport au maintien de la vie des personnes. Les produits en rapport avec le dépistage des personnes, en rapport avec le traitement c’est-à-dire les médicaments, le traitement du VIH mais aussi les tests pour le suivi de la charge virale n’ont pas connu de perturbations. De l’autre côté, le retrait brusque des appuis des partenaires extérieurs, surtout du gouvernement américain, a vraiment causé beaucoup d’impacts négatifs sur la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/Sida au Burundi. Tels sont les propos du directeur du programme national de lutte contre le sida et le représentant légal du CAPES+ et du CCDP+

Selon Dr Aimé Ndayizeye, directeur du programme national de la lutte contre le Sida, les médicaments sont en quantité suffisante au niveau du pays. Les services continuent à être offerts.
«Dans le cas du suivi dirigé par la communauté, ils ont trouvé que ces entrants sont disponibles. Nous devons renforcer maintenant la façon d’offrir et faire finalement l’offre intégrée des services qui va nous permettre de garder les résultats à moindre coût, mais aussi de renforcer la participation communautaire et chercher d’autres partenaires potentiels pour continuer à renforcer la lutte contre le VIH», a-t-il précisé.
M. Ndayizeye indique aussi que comme l’offre est déjà intégrée dans d’autres services de VIH/Sida, ça leur permet de sauvegarder les résultats, c’est-à-dire de les tranquilliser.
Du côté de la représentante résidente de l’Onu Sida au Burundi, elle indique que cette crise de financement historique menace de réduire à néant des décennies de progrès, et particulièrement dans le domaine du Sida. Elle souligne aussi que l’impact de réductions des financements extérieurs a pu ou aura sur la riposte au Sida au Burundi mais aussi pour mettre en valeur la résilience du pays, des acteurs et des communautés qui se sont mobilisés pour protéger les acquis et faire progresser la riposte au VIH au Burundi malgré ces graves perturbations.
A titre d’exemple de cette résilience et de cette mobilisation, la représentante de l’Onu-Sida cite l’atteinte des cibles 3,95 au Burundi, l’un des premiers pays de la région à avoir atteint ces cibles à l’échéance de 2021 et primé en 2023 à cette occasion. En effet, à la fin du premier semestre 2025, ces cibles s’élevaient à 95,5; 99,8 et 94,5 chez les personnes vivant avec le VIH de 15 à 49 ans au Burundi.
L’engagement des partenaires face à la crise des financements
Ces progrès remarquables dans le contexte actuel nécessitent cependant des efforts supplémentaires pour réaliser la tâche des cibles 95 dans toutes les zones géographiques et dans toutes les catégories de population, en particulier chez les enfants, les jeunes, les femmes enceintes et les populations les plus exposées au VIH. Elle précise aussi que le système des Nations unies et les autres partenaires au développement sont des témoins que la réponse au VIH au Burundi donne droit à beaucoup d’espoir pour éliminer l’infection à VIH comme un âge de la santé publique d’ici à 2030.
Mais ces partenaires sont aussi conscients que les perturbations qui se trouvent au monde n’épargnent pas le Burundi et que ses acquis en matière de lutte contre le Sida sont très menacés.
En cette période de crise financière, avec la réduction des financements extérieurs et la diminution des accords des grands bailleurs, Mme la représentante ajoute qu’il est capital de réfléchir à la durabilité de la réponse. Dans ce sens, les Nations unies avec le Fonds mondial soutiennent le Burundi pour l’élaboration de la feuille de route de durabilité de la réponse au VIH.
Cependant, même si les pays sont appelés à augmenter les ressources domestiques, la réponse mondiale au VIH ne peut pas reposer uniquement sur les ressources nationales et cela vaut aussi au Burundi qui fait face à de grands défis et à plusieurs crises simultanées. La communauté internationale doit s’unir pour combler le déficit de financement et aider le pays à combler les lacunes restantes.
Quant à Hamza Venant Burikukiye, représentant légal de CAPES+( Collectif des associations des personnes infectées et affectées par le VIH/Sida) et du CCDP+(Cadre consultatif et décisionnel des organisations des personnes vivant avec le VIH/Sida), il fait savoir que le retrait brusque des appuis des partenaires extérieurs a perturbé le fonctionnement de certaines activités.
Face à la crise, les associations de personnes vivant avec le VIH/Sida s’organisent pour survivre
«Ce retrait brusque des appuis extérieurs a causé de la panique au sein des personnes vivant avec le VIH/Sida. Mais comme on a pu être en contact direct avec le gouvernement à travers le ministère de la Santé publique, on a eu été tranquillisé et on sait qu’il y a des mesures qui ont été prises pour rétablir la continuité de la prise en charge. Et nous avons vu qu’il y a une adaptation de certaines activités à travers les programmes de lutte contre le Sida », a-t-il expliqué.
M. Burikukiye explique aussi qu’avec l’accompagnement de l’Onu Sida, on a pu tenir la pédale et on a continué à prester. Et ce qu’on peut dire aussi, c’est que juste après cette rupture brusque, il y a eu quand même des plaidoyers, des pressions autour du gouvernement américain et ça n’a pas traîné. Il y a des activités liées à la vie qui ont été vraiment reprises, notamment l’achat des médicaments, les intrants pour le dépistage et autres, et maintenant de la prévention.
«Et comme nous attendons la période de durabilité et la période avec certains efforts de mobilisation interne des ressources interentreprises, et avec la révision du plan stratégique national, on a tenu en compte cet aspect de mobilisation des ressources locales. Et surtout qu’à travers nos associations, nos groupements associatifs à travers le pays, on s’est transformé en société coopérative. Et avec la prise des mesures de la santé publique, on a pu bénéficier de quelques articles et des activités génétiques de revenus», a-t-il martelé.

«Les gens sont au travail, ils réalisent différentes activités qui génèrent des recettes. Et ces recettes vont constituer des petits fonds pour assurer notre survie. En témoigne, au niveau de certaines organisations syndicales, et à travers ces recettes de nos coopératives, de nos associations communautaires, on a pu quand même récolter certains fonds qui nous aident à faire fonctionner notre bureau. Surtout au niveau des loyers, au niveau des besoins élémentaires» a-t-il ajouté.
M. Burikukiye signale qu’en attendant qu’il y ait des mesures très appropriées et très musclées, qui seront entreprises, en commun avec le gouvernement, pour voir dans quelles mesures on peut se lancer dans la mobilisation, leurs cas et des ressources, pour que bientôt plus tard on s’oriente vers la vision de l’année 2060 et on arrive à prendre en charge les préventions au moins à quatre vingt dix pour cent.
Fidèle Hatangimana
