Face à une population croissante, le Burundi mise sur une stratégie nationale ambitieuse pour optimiser l’utilisation de l’eau dans l’agriculture, pilier de son économie. Objectif : garantir la sécurité alimentaire. Au-delà des plans gouvernementaux, les riziculteurs de Gihanga et Mpanda témoignent de l’impact direct de cette ressource vitale et appellent à une meilleure gestion des ressources hydriques.

«L’agriculture restera pour longtemps le moteur de l’économie du Burundi », affirme Albert Mbonerane, expert en environnement. «Pour répondre aux besoins de la production agricole en eau potable, le gouvernement travaille à la maîtrise de l’eau pour la protection des sols et l’augmentation de la production alimentaire», souligne l’expert. L’objectif est la sécurité alimentaire d’une population à croissance rapide.
Selon lui, la politique d’hydraulique agricole prévoit des actions concrètes. Côté planification, «Il est question d’inventorier les terres irrigables, d’élaborer des schémas directeurs pour la conservation des eaux et sols, et de concevoir des programmes d’utilisation des eaux souterraines, notamment dans les régions souvent frappées par la sécheresse (Bugesera, Kumoso, Imbo et Kirimiro)», précise -t-il.
Parlant de l’exploitation de l’eau, Côté exploitation, il indique que la stratégie détaille la promotion de l’agriculture irriguée à grande échelle dans les plaines de l’Imbo et du Kumoso, tout en encourageant l’irrigation à petite échelle pour les revenus familiaux. Un point majeur fait-on savoir est la lutte contre la pollution : Il demande au gouvernement de contrôler l’importation des produits phytosanitaires susceptibles de polluer les ressources en eau et encourager les biofertilisants.
Sur le terrain, l’impact de l’eau est indéniable. Niyibigira Martin, un riziculteur de Gihanga, témoigne : «L’eau est cruciale pour la culture du riz dès le début jusqu’à la récolte. C’est elle qui assure le rendement». Il conseille et invite toutefois les autres riziculteurs à assurer la gestion de l’eau pour leur servir de leur agriculture, regrettant que certains n’utilisent pas la ressource dans de bonnes conditions.
Jean Nikobamye, également riziculteur dans la commune Mpanda, abonde dans le même sens en disant : «Dans l’agriculture surtout dans la riziculture l’eau est indispensable toute la saison. Le problème est d’assurer une bonne gestion de cette eau surtout en faisant l’entretien du canal qui conduit cette eau et de l’utiliser en cas de besoin.», poursuit-il.
Enfin, en renforçant les capacités des encadreurs à initier et vulgariser les techniques de collecte des eaux de pluie en cas de fin précoce des pluies, la maîtrise de l’eau se confirme comme la clé de l’avenir agricole burundais.
Jean Marie Ndayisenga
