Dans la province de Butanyerera et dans la commune Bugendana, en province de Gitega, la situation socio-sécuritaire demeure globalement stable, selon le gouverneur Victor Segasago et les responsables locaux de la commune Bugendana, malgré la persistance des défis liés à l’abus d’alcool, aux tensions familiales et aux aléas climatiques.

La situation socio-sécuritaire reste globalement rassurante malgré la persistance des défis liés à l’abus d’alcool, aux tensions familiales et aux aléas climatiques. Selon le gouverneur de la province de Butanyerera, Victor Segasago : « de fortes pluies ont récemment causé d’importants dégâts matériels et détruit de nombreux ménages dans presque toutes les communes. Certaines zones ont également subi des épisodes de sécheresse, notamment dans la région naturelle de Bugesera, touchant les anciennes communes Busoni et Kirundo », souligne-t-il. Il révèle également que ces aléas climatiques représentent un défi majeur pour la sécurité sociale.
Les autorités provinciales établissent un lien direct entre l’abus d’alcool et l’augmentation du concubinage. Selon toujours M. Segasago, la consommation excessive de boissons alcoolisées altère le discernement et favorise des comportements à risque. L’ivresse conduit souvent à des attitudes irresponsables, accentuant le phénomène du concubinage dans la province.
Les grossesses non désirées et la propagation de maladies sexuellement transmissibles
Les divorces, la désintégration familiale, dilapidation des biens et fragilisation de l’économie des ménages sont des abus observés. Les enfants figurent parmi les principales victimes de ces dérives, parfois mal encadrés et exposés à l’abandon scolaire. Les grossesses non désirées et la propagation des maladies sexuellement transmissibles aggravent encore la situation. Des cas d’infanticide et d’enfants abandonnés ont également été recensés, compromettant le développement social, éducatif et économique de la province.
Face à ces constats, l’administration provinciale a renforcé les dispositifs de régulation. Les cabarets ferment désormais à 20 heures en milieu rural et à 22 heures en milieu urbain. La vente d’alcool dans les kiosques et boutiques est interdite, seules les structures autorisées sont habilitées à servir des boissons alcoolisées. La lutte contre les boissons prohibées se poursuit grâce à la sensibilisation de la population, des perquisitions régulières et des sanctions à l’encontre des fabricants et vendeurs illégaux. Selon les autorités, ces mesures commencent à porter leurs fruits, bien que la vigilance reste de mise.
Bugendana, une cohésion sociale préservée
Dans la commune Bugendana en province de Gitega, le secrétaire exécutif communal, Patrice Bukeyeneza dresse un tableau rassurant. « La sécurité reste globalement stable et les fêtes de fin d’année se sont déroulées dans le calme, » indique-t-il. Il ajoute que quelques incidents isolés, comme des vols domestiques, des accidents de circulation et des accusations de sorcellerie, ont été signalés. Mais la cohésion sociale est préservée et les communautés continuent de vaquer à leurs activités quotidiennes.

La consommation d’alcool, bien que présente, est surveillée. L’administration communale met l’accent sur la sensibilisation, le respect des heures d’ouverture des cabarets, le contrôle des produits importés et la vérification du taux d’alcool dans certaines boissons locales afin d’éviter les abus.
Générer les revenus pour les ménages et renforcer l’économie locale
Les autorités locales encouragent fortement la population à investir dans l’agriculture, en particulier dans la culture du caféier et de l’avocatier. Ces filières sont considérées comme des leviers de développement et de résilience. Elles permettent à la fois d’améliorer la nutrition, de générer des revenus pour les ménages et de renforcer l’économie locale grâce aux activités commerciales. Les ménages sont invités à planter plusieurs avocatiers et caféiers, avec l’appui des associations et des organisations locales.
Les travaux communautaires de développement contribuent également au développement du pays. L’aménagement et la protection des routes facilitent la circulation entre les collines et les communes voisines. La construction de nouvelles écoles permet l’accès à l’éducation et les conditions d’apprentissage s’améliorent. A long terme, ces initiatives devraient favoriser la formation d’une jeunesse instruite et capable de participer activement au développement local.
Dans l’ensemble, le secrétaire exécutif communal se dit satisfait de l’évolution de la situation. La situation sécuritaire relativement bonne, la cohésion sociale préservée, le dynamisme des travaux communautaires, les progrès visibles dans l’agriculture et les infrastructures montrent, selon lui, d’une progression constante malgré les défis persistants.
La commune Bugendana mobilisée contre le concubinage et ses impacts sociaux
Dans la commune Bugendana, la lutte contre le concubinage et ses conséquences sociales est érigée en priorité par les autorités locales. Oscar Ndayizeye, chef du département chargé des droits de la personne humaine, de la protection sociale et de l’inclusion du genre indique que le phénomène persiste, mais des avancées sont observées grâce aux nouvelles mesures mises en œuvre.

Selon lui, le concubinage reste alimenté par plusieurs facteurs sociaux, notamment les inégalités entre hommes et femmes, la consommation de boissons prohibées et l’usage de drogues. Cela engendrent plusieurs impacts sur les familles entre autres l’instabilité familiale, les conflits domestiques, les violences basées sur le genre, y compris sexuelles, ainsi qu’une précarité économique accrue pour de nombreuses familles.
M. Ndayizeye souligne que pour y faire face, la commune applique l’approche communautaire c’est-à –dire mouvement d’ensemble, axée sur la mobilisation collective. Chaque colline dispose d’un réseau local chargé de prévenir les violences, sous la coordination des chefs collinaires. Les couples en union libre sont orientés vers le mariage légal, tandis que les situations de polygamie font l’objet de mesures spécifiques.
« Un système de suivi structuré a également été instauré à travers des comités collinaires composés majoritairement de femmes. Ces instances assurent le signalement des cas et la transmission régulière de rapports. Les autorités soulignent déjà une baisse progressive des cas signalés. D’une part c’est grâce au contrôle des activités nocturnes dans les cabarets. D’autre part, la prévention cible particulièrement les jeunes, en appliquant des actions d’encadrement et d’éducation par les pairs afin de réduire la consommation d’alcool et de drogues et de promouvoir des activités productives», mentionne M. Ndayizeye.
Appolinaire Ndikuriyo
