En compagnie de deux vice-présidents, le président de la chambre basse du parlement burundais, Gervais Ndirakobuca a reçu en audience, le lundi 9 février 2026 au bureau de liaison de Bujumbura, le bureau exécutif de la CVR (Commission vérité et réconciliation). Pierre Claver Ndayicariye, président de la CVR, a indiqué qu’il venait présenter le rapport des activités réalisées de 2024 à 2025.

Selon M.Ndayicariye, le rapport présenté au Sénat est particulier et spécial car il se focalise sur la liste des personnes assassinées et la liste des personnes disparues pendant le génocide de 1972 perpétré contre les Hutu. «Ce document était attendu par les plus hautes institutions de la République qui ont déjà eu d’importantes informations sur les fosses communes, les restes humains, les témoignages des veuves, des voeufs, des orphelins, mais aussi des personnes ressources.», dit-il.
Il précise que ce document sur les personnes assassinées ou les personnes disparues vient compléter la vérité déjà connue du Burundi et de la communauté internationale qui suit au quotidien les activités et les résultats de la commission. C’est un document pour prouver davantage que sur les collines du Burundi, on peut nommer les victimes par colline.
«Quand on a les personnes qui témoignent, on sait que telle famille a perdu cinq, dix, voire plus. Tel était enseignant, tel était militaire, tel était commerçant, tel était prêtre. Voilà l’intérêt de ce rapport sur les personnes assassinées ou disparues, parce que le dossier « Génocide commis contre les Bahutu du Burundi », c’est un dossier mûr, éclairé et dont les vérités sont là.», explique-t-il.
M.Ndayicariye ajoute qu’il ne manquait que dans le tiroir, ce livre sur les personnes assassinées ou disparues. Les preuves au niveau interne, les archives au niveau de la diplomatie internationale, les témoignages des vivants ainsi que les écrits et surtout les déclarations des gouvernements étrangers ont déjà reconnu que le Burundi a connu un génocide contre les Bahutu en 1972.
Ledit rapport sera sûrement présenté devant le parlement burundais réuni en congrès pour mieux éclairer le Burundi. « Ceci parce que la guérison et la réhabilitation des victimes passe par nommer les crimes et nommer les criminels.», conclut-il.
Médard Irambona
