Lors de la présentation du rapport annuel 2025 à la chambre basse du parlement burundais, le mercredi 28 janvier 2026, l’ombudsman de la république du Burundi Aimée Laurentine Kanyana a indiqué que son institution a initié divers enseignements et sensibilisation à certaines catégories de citoyens. Ce sont surtout les jeunes, les femmes, les pauvres et les autochtones (Batwa) ayant moins d’informations sur comment saisir les institutions judiciaires, administratives, et autres domaines pour pouvoir demander des conseils correspondants à leurs besoins ou à leurs doléances.

(Photo Médard Irambona )
Les séances de sensibilisation avaient pour but d’accueillir équitablement les riches et les plus démunis, les cadres et le bas peuple, toutes les catégories de personnes sans exceptions. Aimée Laurentine Kanyana a montré des inquiétudes de l’institution de l’Ombudsman sur l’éducation de la jeunesse urbaine. «Nos enfants citadins de la ville de Bujumbura et des autres centres urbains du pays sont en train de trébucher vers un autre univers éducatif, socioculturel et même économique. Nous les formons dans des écoles très chères et quand-même de qualité. Mais ils manquent de suivi éducationnel social et d’encadrement familial au foyer. Ils finissent par devenir des délinquants, des chômeurs et des personnes de mauvaise réputation dans l’entourage car ils n’ont pas d’éducation parentale, familiale ou sociale.», a-t-elle alerte.
Méthodologie de collecte des doléances dans cette institution
Aimée Laurentine Kanyana a fait savoir que les méthodes sont nombreuses pour la population qui saisit cette institution. Elle a précisé que les plus fréquentes sont la voie épistolaire, la présence physique, le téléphone et les messages envoyés sur les comptes professionnels officiels de cette institution. «Nous recevons des lettres que nous répondons. Il y a des gens qui choisissent de venir au bureau pour exprimer leurs doléances. Nous accueillons également des appels téléphoniques l’interlocuteur exprime ses plaintes et nous l’écoutons. Nous consultons régulièrement nos comptes professionnels pour voir les messages reçus. Nous donnons alors des réponses adéquates après une enquête approfondie afin de ne pas tomber dans l’aberration et soutenir les mensonges.», a-t-elle rassuré .
Parmi ces personnes, il y a celles qui s’adressent aux médiateurs collinaires dont les tâches sont différentes de celles des notables collinaires. D’autres se dirigent vers la coordination provinciale de l’institution de l’ombudsman. La troisième catégorie regroupe celles qui consultent le cabinet de l’ombudsman au siège de l’institution.
Pourquoi les dossiers judiciaires restent nombreux par rapport aux autres?
A cette question des députés, Aimée Laurentine Kanyana a répondu que les procès judiciaires ne cessent pas d’être enregistrés au niveau des structures de juridiction. Elle a indiqué que le procès devient plus compliqué au fur et à mesure qu’il avance de la juridiction inférieur vers la juridiction supérieure . «A ce stade des cours et tribunaux, il est même difficile de détecter le mensonge et de déceler la vérité. Normalement la meilleure et fiable justice se trouve dans les collines et quartiers. Ce sont les notables collinaires et la population environnante qui savent plus la vérité sur l’affaire faisant objet du dossier judiciaire car ils sont sur le champ du conflit et connaissent bien la vie personnelle des requérants.», a-t-elle martelé.
Médard Irambona
