L’histoire enseigne que les préjugés résistent rarement à l’épreuve des faits. Au Burundi, les jeunes affiliés au parti CNDD-FDD ont longtemps fait l’objet de critiques nourries de la part des détracteurs du régime de Gitega. Ils étaient souvent décrits sous un prisme réducteur, voire caricatural, comme une milice. Pourtant, à mesure que le pays avance dans son processus de consolidation de la paix et de développement, une autre réalité s’impose progressivement : celle d’une jeunesse qui se veut actrice du changement, de la production, de la cohésion sociale et de la construction nationale.
Pour le peuple burundais et les militants du CNDD-FDD, cette jeunesse constitue aujourd’hui une véritable pépinière du Burundi de demain. Elle est appelée à assurer la relève dans les institutions, les entreprises, les coopératives, les secteurs productifs et les différentes sphères de la vie nationale. Les initiatives d’encadrement, les activités communautaires, l’entrepreneuriat des jeunes ainsi que leur participation aux programmes de développement témoignent d’une volonté de faire de cette génération un pilier de l’émergence du Burundi. Cette vision trouve aujourd’hui une résonance particulière au niveau continental.
L’élection du Président de la République du Burundi, Evariste Ndayishimiye, par ses pairs en qualité de Champion de l’Agenda « Jeunes, Paix et Sécurité » de l’Union africaine est, aux yeux de nombreux observateurs, une reconnaissance du rôle que le Burundi entend jouer dans la promotion d’une jeunesse engagée au service de la paix, du dialogue et du développement. Cette distinction honore non seulement le Chef de l’Etat, mais également tout un pays qui a fait de la jeunesse un axe stratégique de son projet de société. Le mois d’août 2026 viendra confirmer cette dynamique. Du 10 au 12 août, Bujumbura accueillera le 5ᵉ Dialogue continental consacré à l’Agenda Jeunes, Paix et Sécurité.
Cet important rendez-vous réunira des responsables politiques, des experts, des représentants d’organisations des jeunes, des partenaires au développement ainsi que des acteurs de la société civile venus de tout le continent. Ensemble, ils feront entendre leurs voix, confronteront leurs points de vue et uniront leurs expériences autour d’un engagement commun : faire progresser la paix grâce au dialogue, à l’inclusion et à la participation active des jeunes. Le choix de Bujumbura pour accueillir un tel événement n’a rien d’anodin. Il intervient au moment où la ville porte le prestigieux titre de capitale africaine de la jeunesse.
Cette reconnaissance illustre la confiance que l’Afrique accorde au Burundi pour promouvoir les aspirations de sa jeunesse et contribuer à bâtir un continent où les nouvelles générations ne sont plus considérées comme de simples bénéficiaires des politiques publiques, mais comme de véritables partenaires dans la recherche de solutions aux défis contemporains. Au-delà de l’honneur, ces responsabilités invitent le Burundi à poursuivre les efforts déjà engagés en faveur de la formation, de l’autonomisation et de l’encadrement de sa jeunesse. Elles rappellent également que les jeunes constituent une richesse nationale dont le potentiel ne demande qu’à être davantage valorisé au service du développement économique, de la cohésion sociale et de l’intégration régionale.
Le Burundi d’aujourd’hui choisit de répondre aux critiques par l’action, aux procès d’intention par les résultats et aux préjugés par les responsabilités qui lui sont confiées sur la scène africaine et internationale. Les distinctions obtenues et les grands rendez-vous continentaux accueillis à Bujumbura traduisent, selon cette lecture, une évolution du regard porté sur le pays et sur sa jeunesse. L’avenir d’une nation se construit avec sa jeunesse. En plaçant celle-ci au cœur de son projet de développement et en assumant un rôle de premier plan dans la promotion de la paix par le dialogue et l’inclusion, le Burundi entend démontrer qu’il est possible de transformer les controverses d’hier en opportunités pour demain. Le 5ᵉ Dialogue continental de Bujumbura sera, à cet égard, bien plus qu’une rencontre internationale : il sera l’expression d’une Afrique qui fait confiance à sa jeunesse et d’un Burundi qui entend prendre toute sa part dans cette ambition commune.
Donat Maganya
