Selon l’expert en environnement Albert Mbonerane, les ressources en eau du Burundi sont nettement sous-utilisées et freinent le développement socio-économique du pays. Il insiste sur la hausse alarmante de la demande en eau potable et sur la dégradation des infrastructures, notamment en milieu rural. L’expert souligne également que le manque de maîtrise de l’eau non potable impacte directement l’énergie et la sécurité alimentaire.

L’impact de l’utilisation des ressources en eau sur le développement socio-économique du Burundi est limité, affirme l’expert en environnement, Albert Mbonerane, qui déplore leur faible exploitation. L’expert distingue l’eau potable de celle non potable.
Les infrastructures, un défi majeur en milieu rural
Les crises auraient provoqué une chute des taux de desserte, indique Albert Mbonerane. En milieu rural, le taux de desserte en eau potable serait tombé de 70% en 1992 à 43% en 2005. Les sources aménagées restent l’infrastructure la plus courante. M. Mbonerane note par ailleurs que les Régies Communales de l’Eau ne sont plus fonctionnelles, faute, entre autres, de politique claire.
En milieu urbain, le taux de desserte est passé de 93% en 1992 à 75,8% en 1999. L’assainissement de base reste une préoccupation, ajoute l’expert; la latrine traditionnelle prédomine, et seulement 38% de la ville de Bujumbura serait couverte par un réseau d’égouts d’eaux usées.
L’eau non potable : agriculture pluviale et potentiel sous-exploité
L’eau à usage non potable est principalement consommée par l’hydroélectricité (49,3%) et l’agriculture (irrigation, marais), analyse notre source d’information sur la base des références de 1998. Le secteur agricole constitue le plus grand consommateur d’eau, mais M.Mbonerane insiste sur le fait que cette consommation est essentiellement pluviale, l’irrigation demeurant à un stade embryonnaire.
L’eau, chaînon manquant de la sécurité alimentaire et énergétique
Ce manque de maîtrise de l’eau pour la sécurité alimentaire laisse à désirer, poursuit Albert Mbonerane, causant de fortes chutes de production agricole et pastorale à la suite des aléas climatiques. De plus, les pollutions déversées dans les milieux aquatiques mettent en péril la vie et affectent les revenus locaux.
Enfin, en matière d’énergie, l’expert constate que bien que le potentiel théorique hydroélectrique de 1700 MW pourrait être largement couvert par seulement 10% des ressources disponibles, le taux de desserte électrique demeure bas. Le Burundi doit donc prioriser l’investissement et la gestion de ses ressources hydriques pour soutenir son développement, conclut Albert Mbonerane.
Jean Marie Ndayisenga
