
L’ambassade de la République populaire de Chine au Burundi a organisé au soir de vendredi, 7 août 2026, une journée portes ouvertes aux professionnels des médias. Dans une interview accordée aux médias, l’ambassadeur de Chine au Burundi, Zhu Kewei a indiqué que l’objectif était de montrer le grand changement dans la réduction de la pauvreté par la culture du riz hybride grâce à l’appui et l’assistance des experts chinois mais également de la réhabilitation de l’aéroport international Melchior Ndadaye.
Lors de cette journée, les journalistes ont d’abord visité le village IV de Ninga, zone Gihanga dans la province de Bujumbura où la culture du riz est devenue un véritable moteur de stabilité des ménages. Dans la soirée, les journalistes ont effectué une visité guidée des travaux nocturnes réalisés dans le cadre du projet de réhabilitation, d’extension et de modernisation de l’aéroport international Melchior Ndadaye. Comme l’a indiqué l’ambassadeur Zhu Kewei, le Burundi devient le premier pays africain où la Chine réalise ces travaux nocturnes. « Ce que je voudrais vous montrer, c’est la forte valeur ajoutée apportée par l’Initiative chinoise pour le développement mondial, au pays en développement en général et le Burundi en particulier. C’est une initiative chinoise, mais c’est une initiative qui porte profit à tous les pays du Sud global », a-t-elle expliqué.
Dans le village IV, les agriculteurs ont affirmé que l’introduction de méthodes modernes a transformé le travail des champs. Dans leurs témoignages, les agriculteurs rencontrés ont affirmé que la vie s’est fortement améliorée grâce à l’assistance des experts chinois, le calendrier cultural a été optimisé et a permis de cultiver même pendant la période non pluvieuse. « Grâce aux cultures du riz, les conditions de vie ont été fortement améliorées et j’ai construit une nouvelle maison d’une valeur de plus de 100 millions de francs burundais», a témoigné Evrard Ndayikeje, un des bénéficiaires. Comme l’a indiqué l’ambassadeur Zhu Kewei, l’assistance chinoise est concrète. « Elle a apporté des semences, des technologies, des équipements ici au Burundi. Mais ce qu’elle a apporté surtout, c’est un espoir pour une vie meilleure ».
Des semences hybrides très productives
Par rapport aux variétés locales, les semences hybrides mises à disposition offrent des rendements nettement supérieurs. Athanase Nahayo, 36 ans et père de famille, a apprécié les techniques agricoles modernes introduites par les experts chinois. « Les semences hybrides donnent un grand rendement s’il y a un suivi régulier », a-t-il indiqué. Ce cultivateur a reconnu que grâce à cet appui, des conditions de vie se sont améliorées. « Avec la variété locale, sur un hectare on pouvait avoir une production comprise entre 5 à 6 tonnes alors qu’avec les semences hybrides la production est de plus de 8 tonnes ».
Même son de cloche de la part d’Evrard Ndayikeje qui affirme avoir constaté la différence. « Depuis les années 1967 nos grands-pères cultivaient le riz, ils n’ont pas pu construire des maisons modernes. Mais avec ces chinois, grâce à la technologie avancée qu’on utilise, c’est possible de faire des projets de développement dans les ménages ».
Grâce à cet accompagnement des experts chinois, a également expliqué M. Ndayikeje, ils ont bénéficié des intrants agricoles et grâce à leur méthode, ils leur ont enseigné à diminuer la quantité de semences. « Auparavant, l’agriculteur devrait avoir entre 120 et 150Kg du riz des semences locales pour un hectare et on produisait seulement entre 2 à 3,5 tonnes par hectare. Mais avec cette technologie avancée des chinois, j’ai produit 10 tonnes par hectare ». Et d’ajouter qu’avec les semences hybrides, sur un hectare l’agriculteur a seulement besoin d’environ 32 kg de semences. « Ce projet a commencé ici à Ninga, mais aujourd’hui on le retrouve partout dans tout le pays, partout dans les provinces du pays, et même dans la province de Burunga, dans la commune de Rutana. Aujourd’hui même, le constat est que cette localité est la première à enregistrer de meilleurs rendements », a poursuivi M. Ndayikeje.
Une prospérité visible et une transformation sociétale
Au-delà de la maison, les familles investissent dans des projets de développement et d’autonomisation : petit commerce, élevage, scolarisation des enfants, etc. Cette nouvelle dynamique crée un cercle vertueux de gagner plus de revenus agricoles, plus d’épargne, plus d’initiatives locales. « Le son de riz est notamment valorisé dans l’alimentation du bétail », a également indiqué M. Ndayikeje qui a salué ce qu’il a qualifié des résultats éminemment positifs de bonnes relations bilatérales entre le Burundi et la Chine.
L’ambassadeur de la Chine au Burundi a promis que son pays restera aux côtés du Burundi dans le combat pour le développement pérenne. « C’est un espoir pour tout le monde. Je pense que c’est ce qui est le plus important. Personne ne sera laissé en arrière, tout le monde pourra bénéficier d’un développement ». Mme Zhu Kewei a également mis l’accent sur l’attachement des gouvernements burundais et chinois à la question du développement. « Chez nous, le président Xi Jinping a lancé l’Initiative pour le développement mondial. La Chine a fait beaucoup d’efforts pour éliminer la pauvreté, pour faire progresser le pays sur différents plans. Nous savons aussi qu’au Burundi, le président Ndayishimiye a lancé la vision nationale 2040-2060. Il a insisté sur le fait que le développement national repose sur une approche centrée sur la population. Et je pense que sur ce point-là, nos deux pays ont des visions partagées », a-t-elle expliqué.
Pour le futur, l’ambassadeur de la Chine au Burundi a promis que « nous allons continuer à travailler sur la base de cette convergence » de vues pour réaliser le développement partagé de nos deux pays.
Moïse Nkurunziza
Claude Hakizimana
