Lors d’un entretien accordé au journal Le «Renouveau du Burundi» le vendredi 13 mars 2026, Philippe Nduwayo, Conseiller communal de Cankuzo chargé des questions socio-économiques et socioculturelles, a dressé un état des lieux sans concession. Entre précarité sanitaire et déficit d’infrastructures, il détaille comment le (PCDC) (Plan communal de développement communautaire) s’impose comme le levier stratégique pour transformer la résilience des habitants en véritable moteur de croissance.

(Photo Jean Marie Ndayisenga)
Philippe Nduwayo indique que le développement de la commune Cankuzo est freiné par des obstacles multisectoriels. En première ligne, la faible production agricole génère un cercle vicieux. Pour lui, elle ne se limite pas à une question de revenus, mais impacte directement le capital humain par la malnutrition et une hausse inquiétante d’abandons scolaires.
A cela s’ajoute une santé publique précaire. L’accès aux services sociaux de base comme l’éducation, l’assainissement, l’hygiène reste un défi majeur pour une population vivant souvent dans un habitat indécent. M. Nduwayo déplore également que le sport et la culture, vecteurs essentiels de cohésion sociale, manquent cruellement de soutien financier et structurel.
Sur le plan économique, l’enclavement ralentit toute velléité de progrès. Cette autorité communale pointe du doigt des pistes impraticables et une instabilité chronique des réseaux de communication (téléphonie et internet) qui isolent la localité. Sans une fourniture stable en électricité, le commerce local peine à se structurer, une situation aggravée par l’insuffisance de partenaires au développement sur le terrain.
Une approche participative est impérative
Pour lever ces verrous, la commune Cankuzo a mis une approche participative. M.Nduwayo réaffirme l’importance du PCDC, conçu comme une réponse directe aux besoins exprimés par la population. Selon lui, ce plan est le fruit d’une réflexion inclusive impliquant toutes les structures administratives et communautaires.
Notre interlocuteur explicite la stratégie d’agir comme un catalyseur. « Il s’agit d’apporter une valeur ajoutée au processus en mobilisant tous les acteurs ». Il ajoute que les autorités insistent sur la sensibilisation et la coordination rigoureuse des interventions pour éviter les doublons. L’objectif final est d’assurer une répartition équitable des ressources pour lutter durablement contre la pauvreté à Cankuzo.
Jean Marie Ndayisenga
