Sous un ciel de paix, la communauté musulmane de la zone Kamenge, au Nord de la ville de Bujumbura, s’est rassemblée le vendredi 20 mars 2026 à l’ETS (Ecole technique secondaire) Kamenge pour célébrer l’Aïd -El-Fitri. Entre prières collectives, enseignements de solidarité et gratitude envers les autorités nationales, les fidèles ont marqué avec faste la fin du mois sacré de Ramadan, réaffirmant leur engagement pour la cohabitation pacifique et le développement du Burundi.

Dès les premières lueurs de l’aube, les rues menant à l’ETS Kamenge ont vibré au rythme des pas des fidèles vêtus de leurs plus beaux habits. Ce terrain, choisi pour son espace vaste, est devenu le centre névralgique d’une dévotion commune. Comme l’explique Dunia Abed, membre actif de la communauté, ce choix n’est pas anodin : « La prière de l’Aïd est une célébration d’envergure qui nécessite un espace ouvert pour inclure tout le monde, les mosquées étant souvent trop exiguës pour une telle affluence. » Selon lui, même les femmes en période de menstruations sont encouragées à assister au rassemblement pour témoigner de l’importance universelle de cette journée.
Un mois de transformation intérieure
Au-delà du rite, cette journée couronne trente jours de privations et d’élévation spirituelle. Pour les fidèles rencontrés, le Ramadan n’est pas seulement l’absence de nourriture, mais aussi une école de caractère. Juma Bigirimana confie avec humilité avoir profité de ce mois pour réformer ses habitudes : « J’ai appris la discipline, l’abandon des fréquentations inutiles et l’importance de l’entraide envers les plus démunis. » Ce sentiment est partagé par Saïdi Maombi, qui soutient que les enseignements dispensés sur l’amour de Dieu et la cohabitation pacifique sont des acquis précieux pour l’ensemble de la société burundaise.
Pour les femmes de la communauté, cette clôture est vécue comme une victoire spirituelle. Salama Nikobamye se réjouit d’avoir achevé ce parcours dans la sérénité. Elle affirme que les valeurs de solidarité apprises durant le jeûne sont les piliers d’une cohabitation harmonieuse entre les différentes confessions religieuses de la capitale.
Solidarité et reconnaissance nationale
Le volet social de l’Aïd el-Fitr reste le point d’orgue de la journée. La pratique de la Zakat el-Fitr, cette aumône obligatoire, permet aux plus nécessiteux de ne pas être en marge de la fête. Dunia Abed souligne que le partage qu’il s’agisse de riz, viande ou boissons est un impératif. Il appelle d’ailleurs ses pairs à maintenir cet élan de générosité bien au-delà de la fête, en rendant visite aux familles pauvres pour que la joie soit réellement universelle.
L’aspect politique et sécuritaire n’a pas été occulté lors des échanges. Les fidèles ont tenu à remercier le gouvernement burundais pour l’octroi de ce jour férié et pour soutien constant, notamment dans la construction du bureau de la représentation nationale de la communauté. M. Dunia insiste sur la chance de célébrer dans un pays stable : « Nous prions pour le maintien de la paix, car de nombreux pays en guerre n’ont pas eu ce privilège aujourd’hui. »
Cette célébration à Kamenge a illustré une communauté musulmane soudée, propre et disciplinée, dont l’ambition dépasse le cadre religieux pour toucher à l’unité nationale. Comme le résume le message final des leaders présents, rester fidèle à sa foi tout en respectant celle d’autrui demeure le socle indispensable pour construire ensemble l’avenir du pays
Jean Marie Ndayisenga
