Certains jeunes accordent peu d’importance aux petits projets de développement personnel, préférant attendre de lancer de grandes initiatives alors qu’ils ne disposent pas des moyens financiers nécessaires. Cette attitude les empêche souvent de faire leurs premiers pas vers leur autonomie. D’autres refusent de travailler s’ils ne trouvent pas un emploi conforme à leur niveau de formation ce qui les conduit à l’inactivité. Paradoxalement, ces comportements deviennent un obstacle à leur propre développement, comme l’ont souligné certains jeunes interrogés par le journal Le Renouveau du Burundi, le mardi 6 janvier 2025.

Elias Nkunzimana explique que l’un des principaux freins au développement des jeunes réside dans leur manière de concevoir le travail. Selon lui, beaucoup de jeunes, après avoir terminé leurs études, attendent un emploi qui correspond exactement à leur niveau de formation. « Le travail est souvent associé au statut social plutôt qu’à l’autonomie », précise-t-il. M. Nkunzimana ajoute que cette attente prolongée les conduit souvent à rester inactifs, alors que d’autres opportunités existent. Il souligne également que certains jeunes refusent de travailler dans des métiers jugés inférieurs, estimant qu’il est honteux d’exercer le même travail que des personnes non scolarisées. Cette mentalité limite leur autonomie, freine leur insertion professionnelle et ralentit, de manière générale, le développement économique et social. Pour lui, un changement de mentalité est indispensable pour promouvoir le développement car beaucoup de jeunes se focalisent sur la recherche d’un emploi offert par l’Etat ce qui les maintient dans la pauvreté.
Dilemme d’approche du travail
Jules Nduwayezu explique que, bien que de nombreux jeunes aspirent à l’autonomie économique, leur approche du travail constitue souvent un frein. Pour lui, beaucoup veulent débuter directement avec de grands projets, sans tenir compte des moyens financiers, matériels ou des compétences réellement disponibles. Selon lui, cette manière de penser les amène à négliger les petits projets, pourtant plus accessibles et essentiels comme premières étapes. Il souligne que cette perception donne aux jeunes l’impression qu’il est trop tôt pour commencer à travailler, les poussant ainsi à attendre des conditions idéales qui tardent à se présenter. « Commencer avec le peu de moyens qu’on détient permet d’acquérir de l’expérience, de développer des compétences et de progresser petit à petit vers des projets plus importants », indique-t-il.
Eric Ntiranyibagira souligne quant à lui, que le manque de connaissances et de préparation constitue un frein majeur à l’évolution de nombreux projets portés par les jeunes. Beaucoup d’entre eux se lancent dans des initiatives simplement par imitation, sans avoir identifié leurs véritables compétences, ni acquis les bases nécessaires dans le domaine choisi. Cette absence de formation conduit souvent à des projets mal planifiés, dépourvus de vision à long terme et incapables de résister aux premières difficultés. « En voulant faire comme les autres, certains jeunes négligent l’importance du talent, de l’apprentissage et de l’accompagnement, ce qui les expose inévitablement à l’échec et au découragement », signale-t-il.
M.Ntiranyibagira exhorte les jeunes à privilégier leurs talents lors de l’élaboration de leurs plans de développement, et appelle le gouvernement et les autres organisations, qu’elles soient publiques ou privées, à contribuer à la formation afin d’orienter les jeunes dans leur quête de l’auto-développement.
Etienne Nduwimana
Yvette Mukeshimana (Stagiaire)
Jean Christophe Girukwishaka (Stagiaire)
