Réunis en séance plénière sous les auspices du président de l’Assemblée nationale, Gélase Daniel Ndabirabe, les élus du peuple ont analysé et unanimement adopté, le mardi 21 avril 2026, le projet de loi portant réorganisation des services publics de l’eau potable et de l’assainissement liquide. L’invité du jour était le ministre en charge des ressources énergétiques, Hassan Kibeya.

Une fois promulgué, le projet de loi adopté permettra d’accélérer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement liquide. Il mettra également en place un cadre juridique favorable aux investissements publics et privés dans ce secteur, tout en accompagnant sa libéralisation.
«Le présent projet de loi prévoit la promotion de l’attractivité du pays pour l’investissement privé dans les deux secteurs de l’eau potable et de l’assainissement liquide par l’augmentation significative des infrastructures en mettant un accent sur la durabilité des ouvrages dont les modèles de gestion implique la recevabilité devant les pouvoirs publics» a indiqué le ministre Kibeya, dans son exposé des motifs.
Selon M. Kibeya, ce projet de loi prévoit la simplification des procédures d’octroi des titres d’exploitation aux opérateurs des services d’eau potable et d’assainissement liquide. Il vise également la promotion d’une planification efficace et optimale du secteur, grâce à l’introduction des schémas directeurs adaptés à ces domaines.
En amont, le ministre Kibeya a évoqué certaines motivations de la modification de la loi mère datant de 2000. «Au Burundi, il a été constaté une insuffisance notoire des ouvrages en matière de gestion du service public d’eau potable et d’assainissement liquide, ce qui retarde le développement tant attendu dans ce secteur», a-t-il expliqué.
M. Kibeya a rappelé que l’eau potable et l’assainissement liquide constituent un secteur vital, l’eau étant essentielle à la vie et l’assainissement garantissant la dignité humaine. Selon lui, une bonne gestion de ce domaine améliore les conditions de vie de la population et favorise le développement socio-économique du pays.
Il a ainsi insisté sur la nécessité de mettre en place des cadres politique et juridique adéquats pour assurer la réussite de ces initiatives. Il a également précisé que ce projet de loi s’inscrit dans la Vision 2040-2060 ainsi que dans les Objectifs de développement durable (ODD).
L’autre point signalé est que la loi mère adoptée en 2000 combinait le secteur de l’eau et de l’électricité et les modifications qui ont été menées en 2015 et en 2024 ont uniquement concerné le secteur de l’électricité. «C’est donc dans cette dynamique d’adapter la loi de 2000 au contexte actuel en ce qui concerne le secteur de l’eau», a-t-il indiqué.

Une tarification différenciée selon l’usage de l’eau
Plusieurs questions et interventions ont été soulevées. Parmi les préoccupations exprimées figure la crainte d’une hausse des tarifs de l’eau avec l’arrivée des opérateurs privés dans le secteur de l’eau potable. Le ministre Kibeya s’est voulu rassurant. Il a rappelé que l’eau constitue un secteur stratégique pour le pays, raison pour laquelle un contrôle régulier des organes de l’État sera maintenu afin de préserver le bien-être de la population.
A cet effet, il a annoncé la mise en place d’une tarification différenciée selon l’usage de l’eau. Ainsi, le prix appliqué à des fins commerciales sera plus élevé que celui destiné à l’usage domestique, a précisé M. Kibeya.
Après les amendements de fond et de forme les députés ont adopté, à l’unanimité, le projet de loi qui faisait l’objet d’examen.
Claude Hakizimana
