Lors de la séance plénière tenue le lundi 04 mai 2026, au palais de Kigobe, les élus du peuple ont posé des questions au ministre de la Santé publique, Fidèle Nkezabahizi, afin de donner des éclaircissements sur certaines irrégularités constatées dans le rapport définitif d’audit de la gestion de la Clinique prince Louis Rwagasore (CPLR) et de l’hôpital de Cankuzo.

Le chapitre V dudit rapport parle de l’analyse de la gestion des marchés publics et met en évidence des irrégularités dans les procédures de passation des marchés relatifs aux médicaments et intra médicaux. Les élus du peuple ont voulu savoir des actions que le ministère a entreprises pour garantir la transparence, la concurrence et la qualité dans l’approvisionnement en produits pharmaceutiques et équipements médicaux.
Le ministre Nkezabahizi a indiqué que les procédures de passation des marchés publics sont respectées à la clinique Prince Louis Rwagasore pour les dossiers d’appel d’offres ouverts. Toutefois, la longueur de passation des marchés contraint la CPLR à recourir aux demandes de cotation, dont le seuil est fixé à douze millions cinq cent mille francs burundais (12 500 000 FBu)
Selon lui, ce seuil ne permet pas un approvisionnement suffisant en médicaments et en intrants médicaux au regard de la consommation moyenne mensuelle (CMM), ce qui oblige la direction de la CPLR à recourir aux demandes de cotation (qui dépassent celles prévues par leplan prévisionnel de passation des marchés publics).
Certaines créances déjà payées
M.Nkezabahizi recommande à la CPLR de respecter rigoureusement les procédures de passation des marchés publics pour les médicaments et intrants médicaux, et sollicite, par ailleurs, le ministère en charge des finances de revoir à la hausse le seuil applicable aux demandes de cotation. Le ministère de la Santé publique recommande également à la CPLR de procéder aux marchés à commande basé sur la certification des prix unitaires.
S’agissant de la situation des créances envers l’hôpital de Cankuzo au 30 juin 2025, le constat de la Cour des comptes est que 692 080. 471 FBu ne sont pas encore recouvrés. Sans doute, cette situation impacte négativement les finances de l’hôpital et rend difficile son fonctionnement. Les députés ont voulu savoir le rôle que le ministère de la santé publique compte jouer pour que les créanciers de l’hôpital de Cankuzo remboursent la dette.
Selon le ministre Nkezabahizi au moment de la mission d’audit, l’hôpital de Cankuzo, comme d’autres hôpitaux du pays, accusait beaucoup de créances principalement liées aux prestataires dans le cadre gratuites ciblées (Cam, FBP, PNB, FDNB, MFP, indigents, etc)
En ce qui concerne les factures de prestations offertes aux femmes enceintes, celles qui accouchent et aux enfants de moins de cinq ans, elles sont payées par le gouvernement, l’Union européenne et la Banque mondiale à travers le projet Covid-19. M. Nkezabahizi a aussi indiqué que les créances constatées au moment de l’audit se subdivisent en trois grands ensembles, comme:
1° Créances liées aux prestations offertes dans le cadre des gratuités ciblées qui sont payées par le gouvernement;
2° Créances liées aux tickets modérateurs pour les différentes catégories du personnel;
3° Créances liées aux conventions signées par l’hôpital avec les différents assureurs.
Par rapport aux gratuités des soins (subsides de la contractualisation FBP), sur les 147 506 455 FBu rapportés comme créances dans l’audit, le gouvernement et ses partenaires ont déjà payé 123444 341FBu.
Par rapport à la Carte d’assistance médicale (Cam) rénovée, le ministre Nkezabahizi a précisé qu’un montant de 35323 949 FBu a déjà été payé et le gouvernement a prévu dans la loi budgétaire révisé de payer les arriérés FBP/Cam à travers le ministère de la Santé publique et le ministère en charge des finances.
Fidèle Hatangimana
