Face à l’imprévisibilité de la maladie, la Carte d’assistance médicale (CAM) s’impose comme un rempart essentiel pour les ménages les plus vulnérables du Burundi. Dans une interview accordée au journal «Le Renouveau du Burundi» ce mardi 21 avril 2026, plusieurs citoyens ont témoigné de l’importance de ce précieux sésame qui garantit l’accès aux soins à moindre coût. Entre soulagement financier et épuisement des stocks, le cri du cœur des populations pour une disponibilité de cette carte se fait entendre.

(Photo : Jean Marie Ndayisenga )
Pour les familles aux revenus modestes, la maladie est souvent perçue comme une fatalité financière capable de déstabiliser tout un foyer. Jean de Dieu Ndabihawenimana, résidant à Mpanda (zone Rugazi), affirme l’importance capitale de détenir cette carte. Selon lui, elle constitue le principal levier pour réduire les dépenses de santé, particulièrement pour les enfants qui sont les plus exposés. « Si on n’a pas de moyens, on risque de tomber dans une situation de précarité extrême », alerte-t-il, tout en exhortant les autorités sanitaires à fournir ces cartes en grandes quantités.
Ce sentiment de sécurité est partagé par Emmanuel Irangabiye, résident de la zone Kamenge. Il explique que, grâce à la Cam, il ne craint plus l’imprévu : les soins deviennent accessibles à bas prix, ce qui permet de se faire soigner à temps avant que l’état de santé ne s’aggrave. Pour lui, ce système est une véritable « mutualisation », une manière concrète de vivre la solidarité face au risque. Il soutient par ailleurs que l’accès facile aux soins permet aux familles de rester productives et de s’atteler ainsi aux travaux de développement.
Le défi de l’accessibilité : entre espoir et pénurie
Cependant, l’efficacité de ce programme social se heurte à des obstacles logistiques de taille. Si l’utilité de la carte fait l’unanimité, son obtention ressemble parfois à une quête incertaine. Concilie Bigirimana, une mère veuve de 36 ans vivant à Kinama, témoigne des frustrations rencontrées sur le terrain. Selon elle, bien que la Cam réduise significativement le coût des soins pour les plus démunis, elle déplore les ruptures de stocks dans les centres de santé. Face à cette situation, elle interpelle le gouvernement et les autorités de santé pour qu’ils multiplient la production de ces cartes afin de ne laisser personne sur le bord du chemin.
La Carte d’assistance médicale demeure le pilier de la résilience sanitaire au Burundi. Mais pour que ce droit aux soins soit effectif, l’approvisionnement régulier des structures de santé est une urgence absolue pour garantir la dignité des familles en situation de précarité.
Jean Marie Ndayisenga
